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Podcasts/Rien ne veut rien dire/[Not Set]

[Not Set]

traductrice de la correspondance de Dostoïevski et des Carnets du sous-sol, enseignante de littérature russe à la Sorbonne et codirectrice d'une collection de littérature russe chez Verdier (nom brouillé dans les sous-titres), interrogée par l'animateur ; lectures de l'avertissement et de passages des Carnets

Dostoïevski (4/4) : Les carnets du sous-sol

Rien ne veut rien dire · Feb 4, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Titre, génération, ennemis. La traductrice commence par la difficulté du titre : le russe podpolié (« sous le plancher ») désigne à la fois le sous-sol, le souterrain et la clandestinité, ce qui donne une dimension politique qu'aucun mot français ne rend. Dostoïevski ouvre par un avertissement : le héros est le représentant d'une « génération en survie », celle des années 1840-1850, que l'auteur a connue et dont il règle les comptes. Il s'en prend à ses « romantiques » russes, qu'il juge influencés par l'Occident, hypocrites (ne jamais oublier la petite pension) et aussi contaminés par le positivisme. L'ouvrage, écrit en 1864 après le bagne et avant les grands romans, contient déjà en concentré beaucoup de leurs thèmes (le Grand Inquisiteur, la conscience, la liberté), à une échelle plus psychologique que politique.

Première partie : le monologue. Le « sous-sol » est un torrent oral : le narrateur s'adresse à « messieurs », pose les questions et les réponses, crache ce qu'il a retenu pendant dix ans, reprenant son souffle. La rage de dents montre qu'on peut jouir de la douleur en empêchant la famille de dormir : la conscience est la grande maladie, qui empêche d'agir, mais l'homme veut aussi sa propre volonté contre son avantage. Si tout entrait dans les lois de la nature et les mathématiques (« deux et deux font quatre »), ce serait la fin de la vie. Face au « palais de cristal » de l'utopie (réponse au roman de Tchernychevski), il refuse de prendre un poulailler pour un palais de cristal et ne supporte pas qu'on ne puisse y tirer la langue en douce. Mais il dit aussi avoir soif d'un idéal, ce qui rappelle l'ambiguïté de Dostoïevski sur le socialisme, le christianisme et la foi ; l'interlocutrice voit même un écho de Beckett (« il faut continuer, je ne peux pas continuer »).

Deuxième partie : « À propos de neige fondue ». Le récit écrit des événements de la vie du narrateur est une parodie de la littérature de son temps (Byron, Pouchkine, Lermontov) : il compose sa vie en héros littéraire tout en s'en moquant, et la rencontre de Lisa, la prostituée, montre le mécanisme. Elle le démasque (« vous parlez comme dans un livre »), il l'humilie par vengeance, puis rejoue le remords quand elle vient chez lui, avec une crise réelle jouée en comédie : sincérité et jeu s'entremêlent sans cesse. La traductrice juge le texte complètement abouti, et rappelle que Dostoïevski, ancien journaliste lisant l'actualité et les faits divers, travaillait de façon très construite malgré l'apparent désordre ; elle donne l'exemple de la scène du diable des Frères Karamazov, écrite un soir après une leçon sur le fantastique (La Dame de pique) adressée à une correspondante.

Excerpts

“« vous ne me ferez jamais prendre un poulailler pour un palet de cristal »”

“« toujours dans la sincérité d'un côté et le jeu en même temps »”

“« c'est pas fait par hasard en fait tout ça a été très pensé »”