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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Dumas, Marie-Claire & Guillaume, Marc & Jamin, Jean & Lecoq, Dominique & Marmande, Francis

Dumas, Marie-Claire & Guillaume, Marc & Jamin, Jean & Lecoq, Dominique & Marmande, Francis

Dumas, Marie-Claire: universitaire, spécialiste de Robert Desnos

Guillaume, Marc: économiste

Jamin, Jean: ethnologue

Lecoq, Dominique: président de l'Association des amis de Georges Bataille

Marmande, Francis: écrivain, spécialiste de Bataille

Le producteur se présente au début, mais son nom est mal restitué (« Roland Guayet », nom incertain). L'émission prend appui sur un colloque récent de l'Association des amis de Georges Bataille consacré à l'ethnographie et à la littérature. Des extraits de La Part maudite, de Sahagún, de Raymond Queneau (Saint Glinglin) et de Bataille sur la mort du torero Granero sont lus par des comédiens.

Une Vie, une œuvre : Georges Bataille (1897-1962) [1985]

Rien ne veut rien dire · Jan 26, 2017 · partial coverage

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Coverage note: l'essentiel - transcription automatique de bonne qualité, interrompue au milieu de la dernière intervention sur le Collège de sociologie.

Core ideas

L'émission présente Bataille, bibliothécaire et chartiste, premier écrivain de sa génération à se faire psychanalyser, comme un homme au « carrefour de l'intelligence de son époque » grâce à ses amitiés, avec Alfred Métraux, Michel Leiris et les dissidents du surréalisme. Dominique Lecoq raconte la genèse du colloque à partir du peintre Gaston-Louis Roux, peintre de la mission Dakar-Djibouti. Il oppose la lecture de Maurice Godelier, pour qui l'homme est celui du besoin, à celle de Marc Guillaume, pour qui il est celui du désir. Guillaume expose la notion de « dépense » de La Part maudite. Le problème de l'humanité n'est pas la rareté mais l'excès d'énergie, comme l'énergie solaire, qu'il faut dilapider dans les fêtes, les monuments inutiles ou les guerres. La rareté du pétrole naît d'ailleurs d'un développement excessif. Les économistes ont rejeté ou ignoré Bataille par malentendu : son œuvre ne sert pas à gérer une entreprise mais pense l'« essence » de l'économie et le destin des sociétés industrielles. Il rappelle que Bataille dit avoir consacré vingt ans à ce livre d'économie politique.

Un intervenant explique que Bataille puisait l'ethnologie chez Métraux et Leiris pour atteindre, au-delà de la rationalité occidentale, les limites de l'individu et ce que Lacan appellera le réel. Il tenait toujours ensemble le rationnel et l'irrationnel, le savoir et le non-savoir, dès « Le cheval académique » de 1929, qui oppose la monnaie gauloise à l'idéalisme grec. Francis Marmande suit le « motif aztèque » comme un peintre travaille un motif : un article de commande en 1929 sur « l'Amérique disparue », nourri des cours de Mauss que lui rapportait Métraux, développé jusqu'à La Part maudite et L'Érotisme. C'est un savoir « injuste » scientifiquement mais éblouissant. En opposant les Aztèques dilapidateurs aux Incas bâtisseurs, Bataille aurait vu avant les ethnologues la jubilation qui accompagnait les sacrifices et le rôle des marchands. Marmande parle d'une forme de potlatch dans son activité intellectuelle, faite de recevoir et de rendre.

Dominique Lecoq retrace l'histoire de la revue Documents (1929-1930), financée par Georges Wildenstein. Elle mêlait savants (Rivet, Contenau), Carl Einstein, dont Leiris et Bataille réécrivaient les traductions, et dissidents surréalistes. Le « Dictionnaire critique » sabotait de l'intérieur les articles académiques. Les photographies de Jacques-André Boiffard (les gros orteils) et d'Eli Lotar (les abattoirs de la Villette) dérangeaient plutôt qu'elles n'illustraient. Marie-Claire Dumas analyse les textes de Desnos dans Documents, en particulier « Le mystère d'Abraham Juif ». Elle relie l'« occultation » du surréalisme réclamée par Breton dans le Second Manifeste à une pensée alchimique et analogique. Jean Jamin distingue l'écrivain et l'ethnologue chez Leiris : L'Afrique fantôme est un journal de route, non une œuvre ethnologique, et ce qui fait la science, c'est la construction de l'objet intellectuel, non la subjectivité de l'enquêteur. Les intervenants évoquent aussi la tauromachie, Bataille témoin à Madrid en 1922 de la mort de Granero, l'oreille arrachée qui passe dans Histoire de l'œil, et le Collège de sociologie, antimunichois, qui dénonce l'usage nazi de Nietzsche mais explore le sacré et le mythe, au risque de l'ambiguïté.

Excerpts

Marc Guillaume sur la notion de dépense :

“elle est fondée sur l'idée que les problèmes les plus redoutables qui sont posés à l'humanité sont non pas ceux de la rareté, mais ceux d'un excès ce que pose un excès excès d'énergie. et il prend la métaphore de l'excès d'énergie solaire, ce caractère infini de de l'énergie dont dont nous disposons.”

Francis Marmande sur la méthode de Bataille :

“Il s'est entouré avec précaution et affection toute sa vie de gens qui étaient d'une qualité scientifique extraordinaire et et à qui il empruntait amicalement tout ce qu'il pouvait emprunter. Il y avait il y avait une fonction d'échange chez lui, une fonction de savoir recevoir et de savoir rendre il y a quelque chose de l'ordre du potlatch dans son activité intellectuelle.”

Jean Jamin sur L'Afrique fantôme :

“c'est de prendre l'Afrique fantôme comme une œuvre ethnologique, ce qu'elle n'est pas et elle ne s'est jamais donné comme telle. Je veux dire qu'il s'agit d'un journal de route qui était tenu par lui lors d'une expédition qui s'est appelé la la mission d'Akar Jibouti”