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Gaignebet, Claude

folkloriste et ethnologue, auteur de À plus hault sens. L'ésotérisme spirituel et charnel de Rabelais

Claude Mettra présente et interroge Claude Gaignebet ; des extraits des œuvres de Rabelais sont lus par André Cazalas, dans une transcription automatique souvent inintelligible pour ces passages.

FRANÇOIS RABELAIS (1483?-1553) : La religion populaire et l'ésotérisme – Une vie, une œuvre [1987]

Rien ne veut rien dire · May 12, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre, surtout pour les lectures en moyen français.

Core ideas

Claude Mettra oppose aux querelles meurtrières de la Réforme une autre religion que Rabelais déploierait : sans prêtres, sans date de naissance ni textes sacrés, inscrite dans le cœur et les rêves des hommes, surtout de ceux qui sont les plus proches du ciel et de la terre, les paysans. Après quelques repères biographiques (franciscain puis bénédictin, médecin à Montpellier et à Lyon, le Pantagruel de 1532, le Quart Livre de 1552, le Cinquième Livre posthume), Claude Gaignebet explique que la culture paysanne n'est pas un langage direct. Elle code le réel autant que la culture savante : énigmes, proverbes comme « ne pas mettre la paille près du feu », symboles pythagoriciens comme ne pas remuer le feu avec l'épée. Contre l'arbitraire du signe et la multiplicité des lectures, Rabelais tient que l'énigme a une seule réponse, présente dans l'esprit de celui qui la pose. Son œuvre apprend à lire « à plus haut sens », la lecture mystique que réclame un texte écrit dans un esprit mystique.

Gaignebet fait du navire l'image fondamentale de l'œuvre. Le voyage vers la Dive Bouteille, qui part de Médamothi, le « nul lieu », serait un voyage céleste sur le modèle de l'Histoire véritable de Lucien : Pléiades, Lanternois, constellations de la Baleine et de Persée. Vu du ciel et des calendriers, les querelles sur la présence réelle ou les indulgences paraissent fortuites. Pour Gaignebet, Rabelais est profondément chrétien, au sens d'Irénée, pour qui le christianisme est la vraie gnose, et Thélème renvoie à la Volonté des éons gnostiques. Il relit les guerres picrocholines comme une querelle paysanne entre fouaciers et vendangeurs, autour de l'interdit de mêler fouace et raisin, transposition de la communion sous les deux espèces. Il la rapproche de la guerre des Paysans et de Münster, que Rabelais aurait en arrière-plan. Le vigneron et le paysan sont des sacrificateurs : le sang du raisin, le grain qui meurt, et surtout le chanvre, le « pantagruélion », qui meurt dans le rouissage et qui, devenu corde et voile, permet aux hommes de monter au ciel, au point d'inquiéter les dieux.

Gaignebet suit le calendrier du voyage, du 15 juin au 25 juillet, quarante jours ponctués de calmes mélancoliques, que l'on surmonte en buvant par « occulte sympathie » ou grâce aux tambourins des alchimistes de la Quinte. Il y lit aussi des ouvertures du ciel : la tempête de la Saint-Jean, la mort de Pan lue comme celle du Christ, les paroles gelées tombées du triangle des vérités. Pantagruel serait une figure christique et le dieu des grains de la canicule, Tammouz. Il commente le nom de François, gallicanisme mystique et Voie lactée, et celui de Rabelais, de rabbi à la rave limousine, l'auteur se disant engendré par sa propre créature. Il retient surtout la confiance de Rabelais : rien n'a encore été dit, et l'on apprend des enfants, des vieilles femmes, des paysans et des objets. Gaignebet conclut qu'on ne comprend une culture qu'au moment où elle meurt : nous recueillerions le dernier souffle de cette culture paysanne, sans pouvoir la réanimer.

Excerpts

Claude Gaignebet sur le langage paysan :

“il s'aperçoit que les paysans ou autant de méthodes de codage de réelles que les savants [...] lorsque les paysans disent bien il ne faut pas mettre la paille près du feu il ne faut pas mettre la paille près du feu ça veut dire simplement mais il faut pas trop rapproché les deux sexes”

Claude Gaignebet sur la lecture de l'énigme :

“la position de rabelais est opposée à celle ci il y à une seule lecture possible c'est celle qui fonde une adéquation entre eux ce qui est en tête ce qui est déjà dans la tête de celui qui pose les nîmes et celui qui éventuellement trouverez cette réponse”

Claude Gaignebet sur la confiance de Rabelais :

“ne pensez pas tout avoir été dit avant vous vous apercevrez que ce qui a été dit ces appels d'un millième partie de ce qui existe dans la terre sur le ciel [...] c'est qu'il dit j'apprends de tous j'apprends du tout et lorsqu'il me dis-je apprend de tout il insiste j'apprends des enfants j'apprends des vieilles femmes j'apprends des paysans”