MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Arasse, Daniel & Pleynet, Marcelin & Reeves, Hubert & Rosenberg, Pierre & Rota, Italo & Debré, Olivier

Arasse, Daniel & Pleynet, Marcelin & Reeves, Hubert & Rosenberg, Pierre & Rota, Italo & Debré, Olivier

Arasse, Daniel: historien de l'art

Pleynet, Marcelin: écrivain et critique d'art

Reeves, Hubert: astrophysicien

Rosenberg, Pierre: directeur du département des peintures du Louvre

Rota, Italo: architecte

Debré, Olivier: peintre

Des extraits des Carnets de Léonard (notes, listes, recettes, fables, projets de machines) sont lus par Jacqueline Taous.

LÉONARD DE VINCI (1452-1519) : La curiosité omniprésente – Une vie, une œuvre [1992]

Rien ne veut rien dire · May 6, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Hubert Reeves commente l'astronomie des Carnets : sans instruments, avec des miroirs et des loupes, Léonard mêle mythologie aristotélicienne et intuitions d'avant-garde, souvent à partir d'arguments faux. Il compare le soleil au bronze en fusion, dont la couleur passe du rouge au clair à mesure qu'il chauffe, appliquant au ciel les lois des objets terrestres. Il a raison sur la lumière cendrée et sur la lune qui réfléchit le soleil. Il se trompe sur les étoiles et sur les « vagues de la lune », mais en déduit que la Lune a sa propre terre et son propre centre, une idée pré-galiléenne. Marcelin Pleynet replace Léonard dans la Florence de la coupole de Brunelleschi et de Dante, qu'il commentait en public. Il voit en lui un autodidacte qui ne lit guère le latin et un savoir qui se corrige par l'expérience : les fleuves viennent d'abord de la mer, puis des nuages. Daniel Arasse veut corriger l'image romantique d'un génie solitaire et rappelle Francesco di Giorgio Martini, autre homme universel. Il souligne qu'à Milan, Léonard est d'abord ingénieur militaire, organisateur de fêtes et musicien, et que son autoportrait est un masque de philosophe antique, fait de secret et de discrétion.

Pleynet et Arasse lisent l'éloge de l'œil et de la peinture, supérieure à la poésie, comme une synthèse de la connaissance où l'esprit du peintre « se métamorphose en une image de l'Esprit de Dieu ». Pleynet y voit une sublimation de la mélancolie lucrétienne devant la décrépitude du corps. Arasse explique le sfumato, hérité de Pline : un contour qui promet ce qu'il cache et donne la vie. Il parle aussi de la grâce, « licence dans la règle », à la fois religieuse, sociale et esthétique. Pleynet commente la Cène, un moment humain où chaque apôtre réagit selon son caractère. Arasse y voit l'invention de la figuration du traître : Judas assis parmi les apôtres, une dissimulation malhonnête face à la dissimulation honnête de Léonard. Il oppose les batailles d'Anghiari et de Cascina, le chaos qui prend sens contre l'énergie qui se concentre, et note que la fresque de Léonard coulait déjà. Pierre Rosenberg oppose Raphaël, dont la perfection ne laisse pas voir l'effort, à un Léonard en fuite devant une perfection inatteignable, devenu populaire seulement au XIXe siècle.

Olivier Debré fait de Léonard l'incarnation de la pensée occidentale, qu'il dit à la fin de son cycle humaniste. Italo Rota voit dans l'Adoration des mages une machine à bâtir l'espace par les volumes, et dans les Déluges une sérénité devant le terrible. Arasse revient sur les fables et les devinettes retrouvées dans les manuscrits de Madrid, et sur le souvenir d'enfance du milan, objet de l'étude de Freud. Il observe que la fable de la guenon qui étouffe de baisers l'oisillon, écrite sur la page d'en face, contenait déjà l'interprétation freudienne. Pleynet lit les Déluges comme un éloge de la fiction où le dessin emporte le monde. Arasse conclut sur la terribilità que Vasari prête à Léonard : des machines conçues comme idées plutôt que pour fonctionner, et une fascination pour le passage de l'informe à la forme, où les chevelures ressemblent aux tourbillons d'eau.

Excerpts

Marcelin Pleynet sur le savoir autodidacte de Léonard :

“c'est le savoir d'un peintre qui se touche à tout et qui assume empiriquement les problèmes qui se présentent à lui [...] cette somme n'est pas une somme de savoir établie une fois pour toutes c'est une somme de savoir qui traverse l'expérience d'un homme”

Daniel Arasse sur le sfumato et la grâce :

“si le contour est trop visible il crée une rupture dans le l'image alors que si le contour n'est pas visible la peinture et la formule des de plines promet même ce qu'elle ne montre pas [...] c'est idée de suggérer que l'image est vivante hein parce qu'on rejoint le problème de la grâce dont parle Vasari qui dit la grâce c'est ce qui surgit entre le vu et le non vu”

Pierre Rosenberg sur Léonard et Raphaël :

“chez Leonard Vincy on sent qu'au contraire la perfection il laassit inatteignable et que par conséquent il la fuit [...] ça donne un sentiment d'inquiétude et peut-être peut-on aujourd'hui préférer l'inquiétude à la plénitude et à la joie le passé a préféré la plénitude de Raphaël”