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Alphant, Marianne

Une vie, une œuvre : Claude Simon (1913-2005)

Rien ne veut rien dire · Jul 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et les passages lus)

Core ideas

Un écrivain de la sensation, non de la théorie. Claude Simon (prix Nobel 1985) écrit à partir d'un « magma » de sensations, de souvenirs et d'un projet très vague : c'est en écrivant que quelque chose se produit, toujours plus riche que le projet, comme le sujet d'un tableau est la peinture. Contre l'idée d'un auteur « intellectuel et compliqué », ses interlocuteurs soulignent que sa phrase longue, dense, enchaîne les images avec la fluidité de la pensée, et que ce qu'il décrit vient de la vue, du toucher, de l'émotion. Il refuse le roman à thèse, où les événements se suivraient mécaniquement ; il veut que les images s'enchaînent par « qualité commune ». Il adhère à la formule de Robbe-Grillet : le monde n'est ni signifiant ni absurde, il est.

La vie, la guerre, l'histoire qui se répète. Né à Tananarive, orphelin de père tué en 1914, élevé par une mère tournée vers le souvenir du père, Simon a connu la cavalerie de 1940 et la captivité (évadé), et, volontaire, la guerre d'Espagne. L'Acacia alterne les chapitres de 14-18 et de 39-40 et laisse voir que « l'on retombe toujours dans les mêmes ornières ». Il se défie du cliché d'une nature qui refléterait notre détresse : au printemps de 1940 les arbres étaient en fleurs pendant qu'on mourait. Il se dit de gauche, solidaire de toutes les victimes (soldats, chevaux), mais à l'écart des manifestes ; Le Palace est dit « livre sur le deuil de la révolution ».

Une fabrique : peintre, monteur, musicien. Ancien peintre, auteur de collages, Simon part d'une description (la pièce en travaux place Monge, pour une lithographie) qui lance des « tentacules », comme un musicien compose une fugue. Les manuscrits montrent le découpage et le collage de papiers de couleur (par personnage : le cheval mort, Iglesias, Georges) pour équilibrer la périodicité de La Route des Flandres (arrangements, permutations). Les thèmes reviennent d'un livre à l'autre, en variations ; les objets sont des « accumulateurs de mémoire ». Haenel y voit le chemin de Schönberg ; un intervenant avoue que Simon l'ennuie parfois. Le Jardin des plantes montre une liberté formelle tardive (paragraphes en quinconce, érotisme cru, ironie proustienne).

Excerpts

“« avant que je me mette à tracer des signes sur le papier il n'ya rien sauf un magma informe de sensations plus ou moins confuse »”

“« le monde n'est ni signifiant ni absurde il est »”

“« il puise son inspiration non pas dans une théorie mais bien dans sa propre vie »”