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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Parisot, Christian & Kisling, Jean & Buisson, Sylvie & Mansencal, Marie-Claire

Parisot, Christian & Kisling, Jean & Buisson, Sylvie & Mansencal, Marie-Claire

Parisot, Christian: historien de l'art, auteur du catalogue raisonné de Modigliani

Kisling, Jean: fils du peintre Moïse Kisling

Buisson, Sylvie: historienne de l'art, autrice du catalogue raisonné de Foujita

Mansencal, Marie-Claire: spécialiste du peintre Dorignac

D'autres voix sont entendues sans être clairement nommées : le propriétaire actuel de l'atelier de Modigliani (sans doute Roger Delaune, petit-fils du fondateur de l'Académie de la Grande Chaumière, remercié au générique), une responsable de la Ruche, et des témoins rapportés comme Georgette Dorignac. Des textes de Cocteau, Paul Alexandre, André Warnod, Anna Akhmatova, Cendrars, du journal d'Eugénie Garsin et des lettres de Modigliani sont lus par Enrico Di Giovanni, Chantal Brauner et d'autres comédiens.

Une Vie, une œuvre : Amedeo Modigliani (1884-1920)

Rien ne veut rien dire · Apr 11, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne, avec des passages confus lors des visites sur place.

Core ideas

L'émission s'ouvre sur la credo de Modigliani (« c'est l'être humain qui m'intéresse, son visage ») et sur le souvenir de Georgette Dorignac, que le peintre dessinait en quelques minutes avant de repartir avec son carnet bleu. Cocteau décrit un dessin « d'une élégance suprême », conversation silencieuse aux tables de la Rotonde. Le journal de sa mère, Eugénie Garsin, retrace l'enfance livournaise d'un enfant gâté, de santé fragile, qui ne fait plus que peindre à quatorze ans. Christian Parisot montre la formation d'un « élève prodige » : les primitifs du Trecento à Pise et à Florence, l'école du dessin florentine, puis Venise, patrie de la couleur, de Carpaccio, de Véronèse et des nus de Titien. Une lettre de Rome en 1901 à Oscar Ghiglia exprime une ambition dévorante. Arrivé à Paris en 1906, Modigliani découvre la sculpture africaine et les Demoiselles d'Avignon, et a besoin de deux ans pour digérer ce choc, encore proche de Toulouse-Lautrec et de Cézanne.

Parisot décrit le Bateau-Lavoir comme un laboratoire collectif, sans eau ni électricité, d'où naît l'École de Paris. Il replace l'alcool et la drogue dans une mise en scène de l'artiste maudit, sans en faire une morale. Il raconte la farce de l'âne Boronali exposé aux Indépendants, les réveillons au haschich rapportés par André Warnod et les promenades avec le docteur Paul Alexandre. La rencontre de Brancusi fait de Modigliani un sculpteur : une trentaine de têtes et de cariatides entre 1909 et 1913, taillées dans des pierres de carrière ou dans les traverses du métro, d'inspiration africaine, égyptienne et grecque, chargées de signes ésotériques. Les visites sur place font revivre l'atelier qu'il occupa, la Ruche, ancien pavillon des vins de Bordeaux transporté par Alfred Boucher, et l'Académie de la Grande Chaumière, où il rencontre Jeanne Hébuterne en 1917. Anna Akhmatova se souvient de leurs promenades nocturnes dans le vieux Paris et de sa passion pour l'Égypte.

Parisot insiste sur le rôle des femmes : Béatrice Hastings, poétesse et journaliste féministe, qui l'introduit dans l'avant-garde et le présente à Paul Guillaume. Il récuse l'image d'un érotomane et décrit une technique héritée de la Renaissance : une peau préparée en couches, un dessin posé d'abord, des yeux sans pupille, « un œil qui regarde l'intérieur, l'autre la réalité extérieure ». Il fait de cette galerie d'environ trois cents portraits de femmes et quatre-vingts d'hommes une méthode d'introspection. Jean Kisling raconte un Modigliani qui faisait partie de la famille, avait habité l'atelier de son père et peint avec ses pinceaux. Il rappelle que Kisling le présenta à Zborowski et au collectionneur Barnes. La guerre, la pauvreté et la tuberculose mènent à la mort de janvier 1920 à la Charité, suivie du suicide de Jeanne Hébuterne le lendemain. Parisot retrace une gloire posthume, de l'exposition de Londres en 1919 aux Biennales de Venise de 1922 et 1930. Il plaide pour dépouiller l'œuvre de la légende romantique et propose le portrait de Jeanne comme adieu.

Excerpts

Christian Parisot sur le Bateau-Lavoir :

“c'est ça qui a créé l'école de paris c'est ça la grande révolution la révolution se fait à montmartre dans un bâtiment sans électricité sans eau courante ne parlons pas de service [hygiénique] parce qu' on est loin de toutes commodités imaginables”

Christian Parisot sur le regard des portraits :

“dans les yeux il ya toujours un regard qui est tout droit vers le spectateur c'est un regard qui interroge le spectateur c'est un regard avec un oeil fermé et un oeil ouvert vers l'extérieur comme disait l'artiste lui-même [un] oeil regard l'intérieur et [l'autre] regarde la réalité extérieure”

Jean Kisling sur la mémoire familiale de Modigliani :

“il faisait partie de la famille parce que depuis tout petit il se passait pas de journée sans qu'on parle de [modigliani] à table comme si c'était un membre de la famille et puis ma mère adorait [modigliani] mon père aussi”