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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Collet, Hervé & Kervern, Alain & Palmé, Dominique & Struve, Daniel

Collet, Hervé & Kervern, Alain & Palmé, Dominique & Struve, Daniel

Collet, Hervé: éditeur et traducteur, Moundarren, À Kyoto rêvant de Kyoto

Kervern, Alain: auteur de Bashō et le haïku

Palmé, Dominique: traductrice de poètes et romanciers japonais

Struve, Daniel: chargé de cours à Paris 7, spécialiste de l'époque d'Edo

La productrice est mal restituée (Christine Goémé ?). Le générique cite un autre intervenant, Bertrand Lacoste (nom incertain). Des extraits des journaux de voyage, de la Sente étroite du bout du monde, du Manteau de pluie du singe et des propos rapportés par les disciples sont lus par Bernard Gabay, Katsuko Nakamura et d'autres voix.

MATSUO BASHŌ (1644-1694) – Une vie, une œuvre [2005]

Rien ne veut rien dire · Mar 21, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

L'émission part du nom de plume : Bashō, « bananier », d'après le bananier planté par un disciple près de son ermitage d'Edo, symbole d'impermanence. Un intervenant situe la naissance de Matsuo en 1644, dans un Japon pacifié où les villes, la circulation et la vie littéraire renaissent. Fils d'un samouraï attaché au clan Tōdō, il se lie avec le jeune maître Yoshitada, avec qui il fréquente les cercles de poésie. Après la mort de son ami, il étudie à Kyoto auprès de Kitamura Kigin. Daniel Struve explique la forme : le haikai est d'abord un style badin. Il est né du renga, poème enchaîné et collectif hérité du Moyen Âge, qui découpe le waka de 31 syllabes en séquences de 5-7-5 et de 7-7. Le premier verset, le hokku, est composé à l'avance pour l'hôte et la saison, puis devient indépendant. Le mot « haïku » ne date que de Masaoka Shiki au XXe siècle. Struve décrit une véritable institution : des écoles, des maîtres rémunérés et l'imprimerie, qui acculturent marchands et guerriers à la culture classique de cour.

Struve retrace l'histoire du haikai au XVIIe siècle : l'école de Matsunaga Teitoku, puis la contestation de Nishiyama Sōin à Osaka, inspirée du zen et de Zhuangzi, puis la crise d'où Bashō fait émerger une forme poétique sérieuse. Il y mêle la poésie chinoise de Du Fu à la langue de tous les jours, et l'obligation d'un mot « vulgaire » disparaît dans la perfection de l'ensemble. Hervé Collet et Dominique Palmé montrent que la citation y est un hommage, non un plagiat, comme un chorus de jazz qui cite un thème, et que le haïku est la partie visible de l'iceberg de la littérature classique. Collet décrit les voyages de 1684 à 1694, pèlerinages poétiques sur les traces de Saigyō, en habit de moine pour circuler plus librement sous le régime militaire, et toujours accompagné d'un disciple. Il raconte les joutes poétiques anonymes arbitrées par le maître, et la correction de Bashō à Kyorai : « l'invité de la lune, c'est toi ». Il détaille les règles du kasen de 36 versets : ni conformisme ni originalité qui brise l'harmonie, et des thèmes saisonniers placés à des rangs précis.

Struve souligne l'esthétique du changement perpétuel : deux versets doivent faire sens ensemble, jamais trois. Bashō refuse de faire de son art une marchandise, et ses voyages rompent avec la condition de maître payé. Palmé analyse « le vieil étang », le kireji « ya » comme une ponctuation sonore, kawazu, mot dialectal pour la grenouille, et une langue agglutinante sans articles ni marques de nombre qui ouvre plusieurs lectures. Elle y voit le contraste entre l'eau dormante et l'élan printanier, et le moment où Bashō aurait trouvé sa voie. Collet compare Bashō à Saigyō devant les ruines de Hiraizumi : Saigyō détaché en vrai moine, Bashō ému jusqu'aux larmes (« herbes de l'été, songe des guerriers »). Il présente l'Ermitage de l'illusion, puis le principe tardif du karumi, la légèreté, s'accorder au cours des choses sans artifice. L'émission se termine sur le dernier poème, « malade en voyage, mon rêve erre sur la lande flétrie », et sur la mort à Osaka en 1694, au bord du lac Biwa, chez un disciple marchand.

Excerpts

Daniel Struve sur l'esthétique du changement :

“trois veres qui se suivent ne doivent absolument pas former unité de sens c'est une faute majeure dans le dans le [haikai] [...] donc il faut sans cesse à la fois enchaîner et s'éloigner et évidemment c'est aussi une vision de la réalité du temps de la manière dont les choses sont conçu le monde est conçu”

Un intervenant sur la citation comme hommage :

“quand on met ses pieds dans les pas des anciens c'est positif c'est consistant je le compare ce qui est un peu paradoxal à tout ce qui est de l'ordre d'un chorus en jazz chez un musicien qui va utiliser un thème complètement rebattu et qui va faire dans son chorus une citation du thème en question”

Dominique Palmé sur la lecture du haïku :

“c'est ça la force du Haiku c'est que le lecteur a un rôle actif dans la lecture le bon lecteur d'un bon Haikou si on peut dire le lecteur va plonger lui-même dans ce texte et va l'illustrer l'habiller”