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Podcasts/Rien ne veut rien dire/de Beauvoir, Sylvie Le Bon & Sallenave, Danièle & Didier, Béatrice & Kristeva, Julia & Contat, Michel & de Beauvoir, Simone & de Beauvoir, Hélène & Lanzmann, Claude & Sartre, Jean-Paul

de Beauvoir, Sylvie Le Bon & Sallenave, Danièle & Didier, Béatrice & Kristeva, Julia & Contat, Michel & de Beauvoir, Simone & de Beauvoir, Hélène & Lanzmann, Claude & Sartre, Jean-Paul

de Beauvoir, Sylvie Le Bon: fille adoptive et légataire de Simone de Beauvoir, éditrice de ses Cahiers de jeunesse

Sallenave, Danièle: écrivaine, autrice de Castor de guerre

Didier, Béatrice: universitaire, spécialiste de l'autobiographie

Kristeva, Julia: psychanalyste et écrivaine

Contat, Michel: spécialiste de Sartre

de Beauvoir, Simone: archives

de Beauvoir, Hélène: peintre, sœur de Simone, archives

Lanzmann, Claude: cinéaste, archives

Sartre, Jean-Paul: archives

Un narrateur et des lecteurs non nommés assurent les transitions et les lectures.

SIMONE DE BEAUVOIR (1908-1986) – Une vie, une œuvre [2008]

Rien ne veut rien dire · Apr 14, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full - sous-titres automatiques altérés, surtout dans les archives sonores.

Core ideas

Pour le centenaire de sa naissance, l'émission explore l'entrelacement de la vie et de l'œuvre de Simone de Beauvoir. Dans des archives, elle raconte son enfance de jeune bourgeoise, ses premiers livres d'enfant imitant La Famille Fenouillard, et son vœu, dès quinze ans, de devenir « un écrivain célèbre ». Elle évoque avec sa sœur Hélène leurs jeux d'enfance, où Simone jouait toujours la martyre. Sylvie Le Bon de Beauvoir raconte leur rencontre dans les années 1960, son admiration pour le « lien constant entre vivre et penser » et une adoption faite pour servir l'œuvre plutôt que pour donner une fille à Beauvoir. Elle souligne que la voix vivante des livres est un art élaboré, né de la découverte de Gide et des contemporains comme écrivains qui parlent « de bouche à oreille ». Béatrice Didier lit les Mémoires d'une jeune fille rangée comme le récit d'une naissance à l'écriture, construit sur l'antithèse entre Zaza, dont l'écriture est tuée par le conformisme familial, et Sartre, qui pousse à écrire et à se libérer.

Michel Contat retrace la rencontre de 1929 pendant la préparation de l'agrégation, où chacun est ébloui par l'intelligence de l'autre, et le « pacte » d'un amour nécessaire autorisant des amours contingentes. Il lit une lettre inédite à Zaza où Beauvoir décrit son admiration croissante pour Sartre. Danièle Sallenave insiste sur l'« arrachement » à son milieu et sur la radicalité de ses choix : refus du mariage, métier d'intellectuelle, écriture. Elle juge leur attitude pendant l'Occupation « attentiste », sans aucune sympathie pour Vichy, après l'échec rapide du mouvement de résistance de Sartre. Selon elle, Beauvoir découvre la politique à la Libération, se dit peu faite pour elle et a plus de doutes qu'elle ne l'avoue. Elle oppose l'intrépidité de La Longue Marche, sur la Chine, à la justesse durable du Deuxième Sexe, et estime que la fiction (Anne dans Les Mandarins) révèle davantage ses hésitations que les Mémoires. Contat rappelle le projet des Temps modernes, revue de témoignages que Beauvoir faisait surtout vivre, le soutien au manifeste des 121 sur l'Algérie et la liaison avec Nelson Algren, dont les lettres en anglais sont traduites par Sylvie Le Bon. Claude Lanzmann, en archive, évoque leurs débuts.

Dans des archives, Beauvoir explique qu'elle croyait d'abord le féminisme subordonné à des problèmes sociaux plus vastes. Elle a écrit Le Deuxième Sexe sans hostilité, comme une « mise au point », et a été mal comprise : elle n'était pas contre la maternité mais contre l'asservissement des femmes à la maternité, ni contre l'amour mais pour un amour « de sujet à sujet ». Julia Kristeva résume le but de ce féminisme : que la femme cesse d'être un objet pour devenir un sujet qui se transcende, la visée de la vie étant la liberté plutôt que le bonheur, une liberté inquiète et toujours réfléchie. Elle souligne l'originalité d'un livre politique fondé sur des cas individuels, de la Sulamite à Colette, et dit avoir prolongé ce « souci de la singularité » dans sa trilogie Le Génie féminin. Elle se souvient d'une femme à la voix froide qui se protégeait de ses propres excès et de la cruauté des réactions, et dit avoir été solidaire du « manifeste des 343 » sans le signer, parce qu'elle désirait un enfant. Beauvoir évoque le « manifeste des 343 » sur l'avortement et décrit la maternité, dans les conditions de l'époque, comme un piège.

Pour Danièle Sallenave, les Mémoires, écrits à partir de 1956, transforment la vie en destin sans rien changer à l'œuvre. L'émission se termine sur l'archive où Beauvoir explique le « j'ai été flouée » de La Force des choses. Elle cite Mallarmé et Sartre : l'avenir rêvé, même accompli, devient fini. Elle précise aussi que c'est le cours du monde, la guerre d'Algérie, plus que la vieillesse, qui l'avait trahie.

Excerpts

Sylvie Le Bon de Beauvoir sur l'unité de la vie et de la pensée :

“je sentais que cette intelligence elle était abstraite coupé de la vie et c'est vraiment des intellectuels desséché il y en a énormément c'est la majorité ou alors il y avait bien des gens qui vivent elles si vous voulez mais alors il pensait pas et ce qui m'enthousiasme chez elle c'était le lien constant entre vivre et penser elle a toujours eu besoin de la pensée et sa pensée est là vivait”

Simone de Beauvoir, en archive, sur les malentendus autour du Deuxième Sexe :

“on s'est mépris sur la pelouse était par exemple contre l'amour alors que j'ai simplement réclamé que l'amour soit une relation de sujet à ce sujet personne à personne et non pas une espèce d'esclavagé de mysticisme qui fait que alors la femme se met transit ou de l'homme comme un dieu”

Julia Kristeva sur la liberté comme visée :

“la liberté des femmes consiste à ce que ça la femme cesse d'être un objet et se transcende pour devenir un sujet cela veut dire quoi la transcendance dit elle dans une morale de l'ambiguïté c'est de conquérir la liberté et se transcender ces deux devenir quelqu'un donc le but de la vie n'est pas le bonheur mais la liberté”