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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Ferreyrolle, Gérard

Ferreyrolle, Gérard

professeur de littérature française à Paris-Sorbonne, auteur de Pascal et la raison du politique, annotateur de l'édition Sellier des Pensées en Livre de poche ; « Gérard vers rôles » dans les sous-titres

Les Pensées de Pascal (1/5) : Le contexte intellectuel de la rédaction des Pensées

Rien ne veut rien dire · Jan 26, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

La sphère infinie et le vertige. À partir du fragment « sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part », Ferreyrolle montre que Pascal retient de Copernic le geste du décentrement plus que l'héliocentrisme : dans un univers infini il n'y a plus de centre, donc plus de repère ni de finalité. Cet effroi sert l'apologiste, dont le premier geste est de saper la confiance de l'homme en ses propres forces pour le mettre en quête. À Descartes, constructeur de tours qui va du vertige à une reconstruction stable (et dont l'univers n'est qu'« indéfini »), Pascal oppose les catacombes ; il cherche le point fixe dans l'histoire, non dans le cosmos.

Pas de preuve de l'existence de Dieu. C'est volontaire : Pascal juge les preuves métaphysiques trop complexes pour convaincre, et un Dieu démontré est un Dieu de raison, principe abstrait proche du déisme et presque aussi éloigné du christianisme que l'athéisme ; son Dieu est celui d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (le Mémorial), Jésus-Christ trouvé dans l'histoire. Ferreyrolle rappelle l'augustinisme de Pascal (amour propre, concupiscence, libido sentiendi, sciendi, dominandi), son rapport ambigu à Montaigne, dont il critique le projet de se peindre mais qu'il lit énormément (entretien avec M. de Sacy), la querelle avec les jésuites sur la grâce et la liberté (la « délectation victorieuse », la liberté vraie comme adhésion), et la difficulté de savoir quelle voix parle dans les Pensées (l'apologiste, le libertin).

Les éditions des Pensées et le divertissement. Les quelque huit cents fragments se classent selon trois voies : thématique (Brunschvicg), reconstitution d'un plan supposé (Kaplan), ou objective, qui suit les liasses telles que Pascal les avait rangées et qui ont été recopiées deux fois (Lafuma, puis Le Guern pour la première copie ; Sellier depuis 1976 pour la seconde). Le sens d'un fragment dépend de la liasse où il se trouve, d'où l'enjeu (Goldmann, ignorant Lafuma en 1955, s'est trompé). L'émission se clôt sur le divertissement : la cause du malheur des hommes est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ; pour Ferreyrolle c'est « un acte magique », qui masque la mort sans l'abolir, d'où la question de l'éternité et le pari.

Excerpts

“« si le centre est partout ça veut dire qu'il n'y a plus de centre et donc nous sommes immédiatement plongé dans un univers par rapport auquel nous ne disposons d'aucun repère »”

“« une apologie de la religion chrétienne se passe de preuve de l'existence de dieu »”

“« le divertissement c'est ce que j'appellerais un acte magique c'est à dire le fait de ne pas penser à la mort comme si ne pas y penser revenait à l'anéantir »”