MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Maurel, Jean

Maurel, Jean

philosophe

Le rire et le sacré (4/5) : Éclats de rire philosophiques

Rien ne veut rien dire · Jan 30, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ seize minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance ; une lecture de Nietzsche est résumée)

Core ideas

La servante de Thrace et Platon. Maurel part de la servante de Thrace du Théétète qui rit du philosophe tombé dans un puits en regardant le ciel : plutôt qu'un échec, il y voit peut-être la vérité de la philosophie, une vérité « féminine » et démocratique que Platon suggère obliquement (le narrateur du Banquet s'appelle Aristodème, « l'aristocrate du peuple »). Platon condamne par ailleurs le rire dans la République, car « le rire est par excellence le principe de l'explosion, de l'éclatement, de la dispersion, de la désinstallation », perte d'autorité, d'unité et de soi, alors que la République est un édifice. Il y voit même « une polémique souterraine avec les cyniques » : la nature philosophique est celle d'un chien de bonne race, contre les mauvais chiens errants, Diogène et son rire de chien.

Animalité, place publique, secret. Le rire est lié à l'animalité (pour les Grecs, comme le montrent Détienne et Vernant, l'intelligence est d'abord animale : multiplicité des ruses, des métamorphoses) et à la place publique : il est le dehors de l'Académie, impossibilité d'enfermer la pensée en soi, communicatif, explosion d'un secret et de l'identité de celui qui rit.

Nietzsche et le polythéisme. Dans Zarathoustra, Nietzsche invite à apprendre à rire, notamment des prêtres, mais surtout le rire y est silencieux, puissance de dislocation du langage et des images : le « vent » (Wind) disperse, l'Übermensch se traverse (über-gehen, passer à travers) entre bien et mal. Le dithyrambe « Yorick-Colombine » évoque la tête de mort du bouffon. Les vieux dieux sont morts de rire en entendant l'un d'eux dire « il n'y a qu'un seul Dieu » : la mort de Dieu comme affirmation du divin multiple, singulier, que Nietzsche trouve chez les Grecs (aphorisme 143 du Gai Savoir) et qui conditionne l'affirmation de l'homme moderne, démocrate, sans unité transcendante : « un peuple de dieux et un peuple d'hommes élevé à la divinité ».

Excerpts

“« le rire est par excellence le principe de l'explosion de l'éclatement de la dispersion de la désinstallation »”

“« la république est une polémique souterraine obscures avec les cyniques »”

“« ils sont tout simplement mort de rire »”