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Baillon, Bruno

graphie incertaine dans les sous-titres

Une vie, une œuvre : Hubert Selby Jr (1928-2004), le puritain débauché

Rien ne veut rien dire · Oct 15, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Une vie : marin, tuberculeux, écrivain. Né en 1928 à Brooklyn dans une famille de « petits Blancs » pauvres (père marin et alcoolique), Selby quitte l'école à quinze ans, embarque dans la marine marchande et attrape la tuberculose : trois ans d'hôpital (il sert de cobaye à la streptomycine, reçoit l'extrême-onction, perd la moitié d'un poumon), pendant lesquels il lit tout et décide d'écrire. Last Exit to Brooklyn (Grove Press, procès pour obscénité) lui vaut un succès considérable (deux à trois millions d'exemplaires), qu'il dilapide en héroïne ; il tombe dans l'oubli, fait des petits boulots (pompiste), est asthmatique, vit à Los Angeles, sans lien avec le milieu littéraire ni la beat generation, et s'intéresse à une religiosité confuse (méthode Coué, alcooliques anonymes, yoga) que certains des intervenants jugent décevante.

Une écriture de l'obsession et du huis clos. Lançon, Delzescaux, Baillon et d'autres décrivent un écrivain brut, « primitif », musical (rythme, participes présents, absence de ponctuation classique), dont les livres sont des expériences physiques répétitives et en spirale : addiction, obsession pour les femmes, alcool, violence, scènes de viol ou de torture (La Geôle) qui ne sont pas mises en scène comme un spectacle. Les personnages n'ont pas d'issue, « l'absence d'horizon » et « un huis clos extrêmement claustrophobique » ; le personnage de Harry, double démoniaque de Selby, revient de livre en livre, et Selby dit qu'il ne peut pas s'en passer. Sa langue est quasi intraduisible (argot new-yorkais) et ses influences sont Céline, Hawthorne et Poe, Gilbert Sorrentino.

Un puritain. Pour Olivier Cohen (ou l'un des intervenants), Selby est « un grand écrivain chrétien, mais d'un christianisme très particulier, imprégné du puritanisme américain » : obsédé par le péché, la faute, l'association du corps et de l'âme, attiré et terrorisé par le sexe ; son univers évoque la Divine Comédie (cercles infernaux de sa propre psyché) et une religiosité de la souffrance comme rédemption. Il est devenu malgré lui une icône de la transgression alors qu'il détestait le rock et adorait Beethoven. Philippe Garnier compare Last Exit à un vitrail naïf (Bernanos : « le désespéré aime les images naïves »).

Excerpts

“« l'absence d'horizon je dirais pour les personnages et de cette espèce de huis clos extrêmement claustrophobique »”

“« ça reste un écrivain très primitif »”

“« le désespéré aime les images naïves »”