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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Darras, Jacques & Velter, André & Athenot, Éric & Pierre-Bon, Catherine & Temple, Frédéric Jacques

Darras, Jacques & Velter, André & Athenot, Éric & Pierre-Bon, Catherine & Temple, Frédéric Jacques

Darras, Jacques: poète, traducteur de Feuilles d'herbe

Velter, André: poète

Athenot, Éric: maître de conférences à l'Université de Tours, auteur de Walt Whitman, poète-cosmos

Pierre-Bon, Catherine: traductrice de la préface de 1855

Temple, Frédéric Jacques: poète et romancier, auteur du Chant des limules

Des poèmes et la préface de 1855 sont lus en anglais et en français, notamment par Jacques Darras et Thibault de Montalembert ; l'attribution de certaines analyses à Éric Athenot est déduite du contexte.

WALT WHITMAN (1819-1892) – Une vie, une œuvre [2006]

Rien ne veut rien dire · Jul 14, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

L'émission présente Feuilles d'herbe, douze poèmes en 1855 devenus près de quatre cents dans l'édition « du lit de mort » de 1892, comme le « cri barbare » qui libère la poésie américaine rimée et corsetée. André Velter aime cette œuvre évolutive, qui accompagne toute la vie du poète : la poésie comme une énergie qu'on ne peut cesser de diffuser, un souffle qui ouvre les poumons. Il aime aussi l'élan de bâtisseur du monde moderne, tout en sachant ce que ce monde a eu de destructeur. Jacques Darras raconte avoir d'abord été repoussé par cette voix autoritaire, comme D. H. Lawrence irrité par le « moi ». Il ne l'a comprise qu'avec la maturité. Il relie la conception organique et végétale de l'œuvre à la pensée anglo-saxonne de Burke, opposée à la table rase révolutionnaire. Whitman reste cependant un républicain qui veut se dissocier de la vieille Europe sans renier la Grèce ni la liberté de 1789.

Catherine Pierre-Bon analyse la préface de 1855, manifeste de la poésie américaine que réclamait Emerson. Elle note sa ponctuation de points de suspension, qui lui évoque Beckett. Elle insiste sur le scandale du vers libre, encore mal analysé, et des thèmes. L'édition de 1860, avec Les Enfants d'Adam et Calamus, sacralise le corps et laisse lire l'homosexualité. Le livre ne portait pas de nom d'auteur mais un portrait du poète en ouvrier retouché pour le grandir. Darras refuse de réduire Whitman à un homosexuel victorien : il serait au-delà des catégories. Il le rattache à la self-reliance d'Emerson, chaque individu étant divin et la nature étant la plus belle église. Il en fait aussi un « déviationniste » du transcendantalisme qui trouve Dieu dans la ville et dans l'autre, en contrepoint optimiste de Baudelaire, avec un tempo qui annonce le jazz. Frédéric Jacques Temple, qui a suivi ses traces à Long Island, voit en lui un barde plutôt qu'un prophète d'une Amérique idéale qui n'est jamais venue.

Éric Athenot souligne les ambiguïtés : les noms indiens recueillis pour leur sonorité « barbare » plus que par souci politique, une vision à la fois expansionniste et critique, un regard très blanc et protestant. Il évoque aussi une poésie de la mort, inséparable de la vie dans l'herbe des tombes, et une langue « éponge » qui absorbe les clichés de l'époque mais les subvertit par le « vocalisme » appris des prédicateurs. La guerre de Sécession, vécue comme infirmier auprès des blessés, est lue comme la passion de la nation. Selon Athenot, Whitman y voyait un sacrifice fondateur, quand un jeune mourant demandait seulement qu'on lui lise la Résurrection. Darras rappelle l'origine modeste et l'héritage quaker de Whitman, le premier poète-journaliste. Il explique sa non-réception en France, alors qu'il est le maître de Neruda, Lorca, Pavese et Pessoa. Velter conclut que Whitman lui a rendu « la légitimité du souffle » face au formalisme français des années 1960.

Excerpts

André Velter sur l'œuvre évolutive :

“la poésie c'est pas quelque chose que l'on fait pour écrire des livres pour publier pour être une sorte de deux personnages sociale qui a une bibliographie c'est quelque chose c'est parce que commune un virus comme une maladie qu'on ne peut pas s'empêcher de diffuser ou de créer et je trouve que dans le développement de whitman il y à ça”

Jacques Darras sur Whitman et Emerson :

“chaque individu a du talent en chaque individu peut réussir et whitman dire à chaque individu est divin chaque individu est divin l'individu le mois finalement est en contact direct avec le divin chaque individu porte le divin en lui et d'enfants n'y a pas besoin d'église”

André Velter sur le souffle :

“whitman il m'a redonné la légitimité du souffle c'est à dire que franchement dans les années 60 en france on en était arrivé à une telle inspiration exemple un tel souffle coupé intel formalisme qui n'avaient strictement plus rien à dire que rien à vivre plus rien à risque et que le moindre revers de whitman vous donner une énergie vous redonner une façon de respirer large”