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Antunes, António Lobo

écrivain portugais, né à Lisbonne en 1942

António Lobo Antunes (3/5) : L'entrée en littérature

Rien ne veut rien dire · Nov 27, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques, assez lisibles, avec quelques erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et dans la lecture du roman)

Core ideas

Les débuts, le succès, l'exigence. Après des études de médecine et la guerre d'Angola, son premier livre paraît en juillet 1979 (Mémoire d'éléphant) chez une petite maison, après avoir été refusé partout ; au retour de vacances il s'est vendu à cent mille exemplaires. Lobo Antunes dit que cela ne lui importait pas, car pour lui les cinq ou sept premiers livres n'étaient « pas encore ça » ; il explique le succès par le fait que sous la dictature les romans se passaient dans l'Antiquité ou un pays imaginaire, alors que le sien parlait de choses récentes. Il se dit à la fois sûr de son génie et sûr de faire de mauvaises choses, a mis très longtemps à trouver une voix, déchirait ou brûlait ses textes, et reconnaît une dette envers Antoine Blondin. Aux jeunes auteurs qui veulent être lus le lundi et célèbres le jeudi, il répond que l'écriture est un art de patience et de préparation à l'échec.

Ce que doit faire un livre. Il admire Tolstoï, Conrad, Sapho d'Alphonse Daudet (un miracle sur le fil du rasoir, sans tomber dans le mélodrame), Zola, Céline, Apollinaire ; Joyce et Nabokov l'agacent (prouesse pour la prouesse) : « c'est le livre qui doit être intelligent pas l'écrivain ». Écrire demande de longues heures, car la fatigue lève les mécanismes logiques et laisse venir une voix : le livre vient de zones de soi que l'on ne maîtrise pas, il faut ensuite structurer ce délire, et il se demande qui écrit quand la fatigue arrive (« parfois je me sens imposteur »). Un livre est un pacte d'incrédulité, comme à l'opéra : le public pleure à La Bohème parce qu'il adhère à un faux plus vrai que nature. Il évoque le temps, insaisissable (Saint Augustin), le « complexe Flaubert » (pourquoi ma créature vivra et pas moi), la présence de quelqu'un qui nous attend dans le noir à partir de quarante ans, et son immense respect pour les créateurs (Matisse, la fermeture éclair, le robinet eau chaude/eau froide) qui rendent à l'homme sa dignité.

La lecture de Mon nom est Légion. Le reste du programme lit un extrait du roman (policier en fin de carrière face à une bande d'adolescents dans un quartier de baraques au nord-ouest de Lisbonne) : monologue d'une femme métisse du quartier, hantée par les morts, par le refrain « Comment vas-tu ? Comment te sens-tu ? », par les corbeaux, les figuiers sauvages, le racisme du médecin et la violence policière ; le texte, très fragmentaire, illustre la polyphonie et le temps élastique dont parlait l'entretien.

Excerpts

“« c'est le livre qui doit être intelligent pas l'écrivain »”

“« un livre n'est qu'un délire structuré »”

“« à partir de 40 ans nous commençons à avoir quelqu'un assis dans le noir qui nous attend »”