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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Gourfinkel, Nina & Arban, Dominique & Andronikof, Constantin & de Schloezer, Boris & Evdokimov, Paul & Clément, Olivier

Gourfinkel, Nina & Arban, Dominique & Andronikof, Constantin & de Schloezer, Boris & Evdokimov, Paul & Clément, Olivier

Gourfinkel, Nina: slaviste, biographe de Dostoïevski

Arban, Dominique: essayiste, autrice d'études sur Dostoïevski

Andronikof, Constantin: traducteur, théologien orthodoxe

de Schloezer, Boris: écrivain, traducteur et musicologue

Evdokimov, Paul: théologien orthodoxe

Clément, Olivier: chargé de cours à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge

Stanislas Fumet présente et relie les interventions ; le chapitre « Cana en Galilée » des Frères Karamazov est lu par Renaud-Marie (nom incertain) dans une traduction inédite de Michel Baya (nom incertain).

Analyse spectrale de l'Occident : Fiodor Dostoievski

Rien ne veut rien dire · Jun 2, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Stanislas Fumet retrace la réception française de Dostoïevski, depuis Vogüé jusqu'à l'opposition entre Gide et Claudel, en passant par Nietzsche, Freud, Berdiaev et Maritain. Nina Gourfinkel raconte le jeune écrivain engagé du cercle Petrachevski, le simulacre d'exécution et la lettre écrite à la sortie, où la vie retrouvée se résume à « on voit le soleil ». Dominique Arban et Constantin Andronikof parlent d'« idées-sentiments » plutôt que de doctrines : le Livre de Job entendu à huit ans, l'enfance à l'hôpital des pauvres, Belinski qui a « tué » Dieu en lui, et la lettre à Mme Fonvizine où il préfère rester avec le Christ plutôt qu'avec la vérité, phrase reprise vingt ans plus tard dans Les Démons. Ils évoquent aussi le dédoublement Mychkine-Rogojine et la révolte des Carnets du sous-sol contre le rationalisme qui prétend calculer l'homme.

Boris de Schloezer soutient que le roman de Dostoïevski est dramatique non par ses péripéties, mais parce que tout y passe par la parole. La narration ne sert qu'à poser les personnages, qui se définissent par leur langage propre, et ce sont eux qui révèlent à l'auteur des idées qu'il n'avait pas prévues. Le narrateur-témoin fictif rapporte des dialogues auxquels il n'a pas pu assister. D'où la difficulté des adaptations : couper un dialogue fait s'écrouler le roman. Paul Evdokimov aborde l'éros à travers Maria Issaïeva, Pauline Souslova et Anna, l'opposition entre pitié et volupté, les figures de Svidrigaïlov et de Stavroguine, et la joie de Cana qui transfigure l'amour humain.

Olivier Clément replace le starets Zosime dans la renaissance spirituelle orthodoxe : après un XVIIIe siècle sombre, la Philocalie de Nicodème l'Hagiorite et Païssi Velitchkovski, la prière du cœur, saint Séraphin, et l'école d'Optino avec Léonide, Macaire, qui collabore avec Kireïevski et reçoit Gogol, puis Ambroise, clairvoyant et tendre, que visitent Dostoïevski, Soloviev, Leontiev, Tolstoï et Rozanov. Il voit dans le starets la réponse d'une paternité libre à la dialectique hégélienne du maître et de l'esclave. Les Frères Karamazov oscillent ainsi entre le père déchu, Fiodor, et le père élu, Zosime. Pour lui, Dostoïevski reste plus dionysiaque et plus proche de saint Tikhon de Zadonsk que des moines d'Optino, et il pressent un monachisme intériorisé dans le siècle, celui d'Aliocha. L'émission se clôt sur la lecture de « Cana en Galilée », où Aliocha, après le scandale de la corruption du corps du starets, se relève de la terre embrassée en « lutteur viril ».

Excerpts

Lettre de Dostoïevski à Mme Fonvizine, lue dans l'émission :

“je vous diraiis de moi-même que je suis un enfant du siècle l'enfant de l'incroyance et du doute [...] si quelqu'un me prouvait que le Christ est en dehors de la vérité et qu'il serait réel que la vérité fut en dehors du Christ j'aimerais mieux alors rester avec le Christ qu'avec la vérité”

Boris de Schloezer sur le roman comme drame de la parole :

“chez dostoyevski la narration ne joue qu'un rôle secondaire elle permet de présenter les personnages de les mettre en rapport et de les laisser parler car c'est leurs paroles leur discours qui les caractérise souvent un personnage très important par par exemple Ivan karamazf [...] n'est pas du tout décrit de l'extérieur”

Olivier Clément sur le starets :

“le staret c'est un moine prêtre ou non cela n'a aucune importance qui après toute une vie d'obéissance d'humble travail de prière a reçu le don de la prière spontanée de la prière perpétuelle qui s'identifie au battement même de son cœur même quand il dort”