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Brun, Jean

philosophe, professeur à l'université de Dijon, éditeur des œuvres complètes de Kierkegaard

Kierkegaard, philosophe malgré lui (2/10) : Christianisme et chrétienté

Rien ne veut rien dire · Mar 24, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix-neuf minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance ; une ou deux phrases du début sont inintelligibles)

Core ideas

Christianisme contre chrétienté. La chrétienté, c'est l'ensemble des baptisés qui ont officialisé, systématisé, socialisé le christianisme au point de lui tourner le dos. Au Danemark, l'Église est d'État : les pasteurs sont des fonctionnaires, les évêques des notables ; Kierkegaard juge scandaleux qu'on puisse y faire « carrière dans le christianisme ». Dans son Journal, il décrit la disparition de l'idée de martyr (« témoin », en grec), progressivement adoucie par une Église soucieuse de conformité. Dans son petit journal L'Instant, il compare les prêtres, installés au presbytère avec famille à nourrir, à des cannibales de l'Écriture ; il imagine un fidèle qui interromprait le sermon royal en rappelant le Christ de la croix : c'est lui qui prêcherait vraiment, et non la cérémonie tranquille. Institutionnaliser le christianisme revient à tuer la poésie en la confiant à deux mille poètes fonctionnaires.

Trois pièges. (1) La subjectivation exaltée : le pasteur Adler, qui prétendait recevoir ses sermons du Christ, finit fou ; Kierkegaard lui consacre un livre jamais publié. (2) Le risque de n'être qu'un « poète du christianisme » : « chevalier de la foi ou simplement tenté ? ». (3) L'objectivation hégélienne : pour Hegel, la passion du Christ se rejoue dans l'histoire (civilisations nées, florissantes, disparues), le temps devient « l'éternité en marche » ; d'où la pente vers Feuerbach (« il n'y a pas d'autre dieu pour l'homme que l'homme lui-même ») et la socialisation de Dieu. Pour Kierkegaard, le plus grand danger n'est ni l'hérésie ni la débauche, mais la médiocrité confite, le « verbiage cordial » des familles pieuses.

La foule et l'individu. Il ne parle pas du peuple mais de la foule : même une foule d'aristocrates en est une. C'est la foule qui a crié « Barabbas » ; elle est lâche, hystérique, versatile, et devient critère de vérité (comme les sondages, qui font varier les valeurs « comme les cours de la bourse »). Face à elle : l'Individu (majuscule), seul devant l'Écriture, devant lui-même et sa responsabilité. L'Écriture est un miroir où l'on se regarde, non un objet de critique (ironie sur les quarante interprètes). Brun conclut par « l'écharde dans la chair » (saint Paul) : la misère de l'homme ne se réduit pas à la pauvreté sociale ; les « sauveteurs » (techniciens, médecins, politiques) se prennent pour des sauveurs et, déçus, sombrent dans la violence.

Excerpts

“« il dénonce l'idolâtrie du collectif »”

“« vous n'avez qu'a décidé que désormais la poésie sera représenté par deux mille poètes fonctionnaires »”

“« il faut se regarder dans le miroir et non pas regarder le miroir comme un objet »”