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Podcasts/Rien ne veut rien dire/de Ceccatty, René & Morita, Hélène & Lozerand, Emmanuel & Nakajima, Hiroshi & Refle, Sophie

de Ceccatty, René & Morita, Hélène & Lozerand, Emmanuel & Nakajima, Hiroshi & Refle, Sophie

de Ceccatty, René: écrivain et traducteur de Sōseki, notamment d'Oreiller d'herbe et de Clair-obscur

Morita, Hélène: traductrice de Botchan et d'À l'équinoxe et au-delà

Lozerand, Emmanuel: enseignant de littérature japonaise moderne à l'Inalco

Nakajima, Hiroshi: enseignant de littérature française à Tokyo

Refle, Sophie: traductrice de la bande dessinée Au temps de Botchan

Les intervenants alternent avec un narrateur non nommé et des lectures d'extraits des romans et des haïkus de Sōseki par des comédiens non nommés ; une partie des propos de Hiroshi Nakajima est presque inintelligible dans la transcription.

NATSUME SŌSEKI (1867-1916) : D'un Japon clair-obscur – Une vie, une œuvre [2003]

Rien ne veut rien dire · Jun 15, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full - sous-titres automatiques très altérés, notamment sur les noms japonais et dans un passage de lecture vers la fin.

Core ideas

Le documentaire présente Natsume Sōseki (1867-1916) comme une figure charnière de la littérature japonaise de l'ère Meiji, entre modernité occidentale et tradition orientale. Emmanuel Lozerand explique son nom de plume, tiré d'une anecdote chinoise. Un lettré se trompe en annonçant qu'il se rincera la bouche avec des pierres et dormira la tête dans le courant, puis refuse d'admettre son lapsus. Le nom dit à la fois l'entêtement, l'humour et la conscience d'un écart entre langage et réalité. Destiné à l'élite (études d'anglais, séjour de trois ans à Londres à partir de 1900, poste à l'université impériale), Sōseki abandonne l'université pour devenir feuilletoniste au journal Asahi. Ce choix, incompréhensible selon les catégories anciennes, invente une figure nouvelle : l'écrivain qui pratique un genre de divertissement, le roman, avec une ambition spirituelle. Lozerand rappelle que l'essor de la presse japonaise offrait d'autres pouvoirs que ceux de l'État.

Les intervenants insistent sur la banalité voulue de son univers : mariages ratés, dettes, malentendus, personnages ordinaires mais dotés d'une intériorité très forte. René de Ceccatty le compare à la fois à Proust et à Henry James. Il l'oppose cependant à Proust : chez Sōseki, le narrateur ne pénètre pas toutes les consciences, il procède par petits indices, montre les personnages incapables de s'expliquer et leurs fausses analyses. Il voit là une raison pour laquelle l'Occident a tardé à mesurer son importance, et range Sōseki parmi les précurseurs de Virginia Woolf ou Nathalie Sarraute. Il juge Oreiller d'herbe, roman-haïku sur l'art et l'esthétique, supérieur à L'Éloge de l'ombre de Tanizaki comme porte d'entrée vers le Japon. Selon lui, aucun détail n'y est décoratif, chaque objet a une fonction émotionnelle, comme chez Ozu. Hélène Morita présente Botchan, le jeune homme impétueux et mal-aimé que seule la vieille servante Kiyo chérit, et souligne la place douloureuse de l'argent et des liens féodaux persistants. Elle décrit des personnages enfermés « dans une boîte de verre », en retrait de l'amour et de l'action, et la double attitude de lucidité et de compassion qui traverse l'œuvre jusqu'à Le Pauvre cœur des hommes (Kokoro).

Lozerand lit Sanshirō comme un roman d'apprentissage de la modernité. Il s'ouvre sur le train, espace où des inconnus de conditions différentes se retrouvent côte à côte, chose révolutionnaire après la société d'ordres d'Edo, puis montre un jeune provincial qui apprend à « nommer » un Tokyo dont tout change de nom. Il y voit un écho de la rectification des noms confucéenne. Il relève aussi, dans Le Musée Carlyle, la nostalgie d'un lieu de paix impossible dans la ville moderne. Il souligne la noirceur du regard de Sōseki sur la famille, liée à son enfance d'enfant placé puis adopté, que reprend Les Herbes du chemin. Selon lui, la sérénité n'apparaît que dans la poésie chinoise, les haïkus et le rapport à une nature lettrée. Plusieurs intervenants évoquent l'ulcère qui l'emporta : Choses dont je me souviens décrit sans pathos une convalescence qui offre du loisir, et la scène d'examen médical au début de Clair-obscur, roman inachevé et mythique au Japon, montre un rapport nouveau au corps. Sophie Refle parle de la bande dessinée Au temps de Botchan de Taniguchi, qui restitue l'homme, ses chats, son goût du vêtement occidental et ses faiblesses. Le documentaire conclut sur la diversité formelle de ses romans, de la satire de Je suis un chat aux romans psychologiques, et sur les thèmes du sommeil et d'un moi discontinu.

Excerpts

René de Ceccatty sur la technique psychologique de Sōseki :

“il n'est pas en effet comme proust ou où le narrateur prend possession du monde et entre dans l'âme de tous les personnages et révèle toutes les motivations profondes de tous les personnages dans un réseau social complexe c'est pas c'est pas la technique du tout de deux sauts c'est qui et c'est peut-être la raison pour laquelle on à l'occident a tant tardé à comprendre l'importance cet écrivain”

Emmanuel Lozerand sur le train dans Sanshirō :

“un réseau de chemins de deux voies ferrées a été mis en place au japon à cette époque là à la fin du 19e siècle et l'expérience du train que nous connaissons tous être dans un compartiment avec des inconnus dont on est très proches physiquement et pourra japonais de cette époque une expérience totalement révolutionnaire puisque les le japon de l'époque d'edo et un une société d'ordre ou donc les individus agissent en fonction de règles”

Lecture d'un extrait de Je suis un chat :

“je suis un chat je n'ai pas encore de nom je n'ai aucune idée du lieu où je suis il dit la seule chose dont je me souvienne et que je me hollet dans un endroit sombre et humide c'est là que pour la première fois j'ai vu un être humain en plus comme je les a pris par la suite il appartenait à l'espèce des étudiants 1 demeure la plus féroce parmi les hommes”