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Core ideas
Le commentaire s'attaque au « plus grave malentendu » sur Flaubert : avoir fait de lui un styliste qui opposerait la forme au fond, alors qu'il tenait la forme et l'idée pour inséparables comme le corps et l'âme. Les remarques de Proust sur ses tournures grammaticales ne deviennent fécondes que rattachées à une vision du monde : ces « tics » d'écriture traduisent une obsession, celle que résume la plainte des lettres, « personne ne comprend personne ». La littérature reçoit la mission de rendre cette non-communication par un monde de formes qui se côtoient sans jamais se rejoindre, jusque dans l'organisation des chapitres, des paragraphes et des phrases. Le but est de produire chez le lecteur l'« ébahissement » sans recours aux métaphores ni aux symboles.
L'émission en fait la démonstration sur des textes joués. Dans la scène de la ferme de Bouvard et Pécuchet (la lessive, les paons, le cheval battu), les personnages se croisent dans un ballet où chacun regarde ailleurs. Le passage du style direct au discours indirect sans guillemets fait parler une « troisième personne anonyme », la bêtise commune. Les associations apparemment absurdes d'un paragraphe à l'autre révèlent le monde fermé de chaque personnage. Dans la discussion sous le parapluie entre Pécuchet et l'abbé Jeufroy, l'alternance mécanique de la tempête et du dialogue rapproche physiquement, « ventre contre ventre », deux hommes que tout sépare. Dans la forêt de Fontainebleau, la nature vivante s'oppose à l'indifférence de Rosanette, et la fin de Madame Bovary précipite par bonds la mort de Charles en quelques phrases, pendant que Homais reçoit la croix.
Le commentaire analyse longuement le retour en voiture de Frédéric et de Mme Arnoux : le geste de la main tendue puis retirée, la fuite dans le rêve rendue par le passage de l'imparfait aux participes présents puis au conditionnel, et la chute dans un présent morne. Il montre aussi l'imparfait qui crée une horizontalité sans commencement ni fin, les adverbes rejetés en fin de phrase qui prolongent l'action, et les questions qui restent sans réponse. Il dégage la loi de la répétition (des procédés, des thèmes d'un livre à l'autre, des motifs comme la voiture, des personnages en doubles, des situations comme les trois bals de L'Éducation) et l'énumération qui traduit la stupeur devant la prolifération des choses. Il conclut que l'analyse technique n'explique pas la poésie, ces « brèches » sur un monde étranger, comme la promenade de Frédéric sur les boulevards parisiens qui clôt l'émission.
Excerpts
Le commentaire sur l'unité de la forme et de l'idée :
“le plus grave malentendu sur flaubert tiennent à une confusion de mots parce que flaubert attaché au style extrême importance que l'on sait on a vu en lui qu'un styliste ce qui con le veuille ou non revient à opposer la forme il faut opposition dont flaubert s'indignait comme d'un péché capital”
Le commentaire sur la scène de la ferme dans Bouvard et Pécuchet :
“on assiste à une sorte de ballet où les danseurs se font face mais ce tombe de moitié le dos chacun regardant un autre qui à son tour regarde ailleurs chaque élément est peint d'une touche égale qui ne favorise personne”
Le commentaire sur l'imparfait dans L'Éducation sentimentale :
“le rôle de l'imparfait employés souvent sans nécessiter grammaticales réel et de façon presque insolite est constamment le même tout au long du roman c'est à lui sans doute que l'on doit attribuer l'impression d'horizontalité de mouvements uniforme sans imprévu qui est peut-être l'effort essentiel du livre”