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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Zarader, Marlène

Zarader, Marlène

professeure émérite de philosophie contemporaine à l'université de Montpellier, auteure de Lire Être et temps de Heidegger, Vrin

Être et Temps de Heidegger (4/4) : Sommes-nous dans le monde ?

Rien ne veut rien dire · Jun 15, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les termes allemands)

Core ideas

Être au monde, être dans le monde. Zarader explique que Heidegger ne définit pas l'homme par la conscience ou le sujet mais commence par l'« être au monde » : dès qu'il y a Dasein, un monde est déjà ouvert avec lui, et le rapport précède les termes. Elle distingue l'être « dans » le monde (rapport spatial entre étants subsistants, comme l'eau dans le verre) de l'être « à » : une chaise ne « touche » un mur que si le mur peut lui venir à la rencontre, c'est-à-dire si un étant au mode d'être du Dasein a un monde découvert. Le mot Dasein (« être-là ») évite les connotations traditionnelles du mot « homme » et dit son rapport à l'être. Le « monde ambiant » est l'horizon familier de signification dans lequel le Dasein rencontre les étants, différent selon qu'on est paysan ou artiste, mais structuré de la même façon : le Dasein est au monde au sens où « un horizon familier » est « toujours déjà ouvert » en même temps que lui.

L'animal, l'outil. Dans son cours de 1929-1930, Heidegger dit que la pierre n'a pas de monde, que l'animal est « pauvre en monde » (le lézard sur la pierre chauffée : des choses « de lézard ») et que l'homme « forme monde » ; Derrida conteste cette distinction qui reconduit des présupposés cartésiens. Zarader rappelle que pour Heidegger l'animal a un « environnement » mais pas le rapport « en tant que tel » à l'étant : il ne peut pas se rapporter à l'écuelle comme écuelle ; elle juge que la distinction peut être maintenue de façon moins abrupte. Le monde ambiant se donne d'abord sous la forme de l'outil (pas seulement le marteau : tout étant pris dans un usage, un complexe de renvois, l'écritoire, la plume, la chambre), qui disparaît dans son usage ; Heidegger ne dit pas que l'homme transforme les choses en outils mais que les étants se présentent ainsi, et que d'autres rapports (esthétique, contemplatif) demandent une modification du rapport premier.

L'angoisse et le monde « comme tel ». Lisant le texte du § 40, Zarader décrit l'angoisse, qui n'est pas la peur car elle n'a pas d'objet (« le rien et nulle part »), comme l'effondrement du monde ambiant et la révélation du monde comme tel, lieu de l'Unheimlichkeit (inquiétante étrangeté), notre condition originaire masquée par la familiarité quotidienne. Elle trouve la description phénoménologiquement exacte (« il se produit un effondrement de tout ce qui faisait sens à l'intérieur du monde ») mais se demande si « ce lieu inhabitable peut être appelé un monde », y voyant plutôt un « pur dehors » (Blanchot) ; la nausée de Sartre est selon elle une expérience presque opposée, celle du trop-plein. Géraldine Mosna-Savoye signale pour finir la publication au Seuil des premiers cours de Fribourg (1919), où Heidegger esquisse la pensée d'Être et temps.

Excerpts

“« le dasaï lui est au monde au sens où en même temps que lui est toujours déjà ouvert un horizon familier »”

“« il se produit un effondrement de tout ce qui faisait sens à l'intérieur du monde »”

“« est-ce que ce lieu inhabitable peut être appelé un monde »”