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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Cohen-Halimi, Michel

Cohen-Halimi, Michel

philosophe, université Paris Ouest Nanterre, spécialiste de philosophie allemande et auteur d'un livre sur la philosophie pratique de Kant chez Vrin ; orthographe restituée à partir de « michel cohen halimi »

La Critique de la raison pure (4/4) : La fin d'un "Je"

Rien ne veut rien dire · Apr 1, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance sur les noms propres et des passages parasités par des extraits sonores)

Core ideas

La Critique comme roman policier : meurtrier et détective. L'émission prend au sérieux l'idée, venue de Kracauer et d'Adorno (cours de 1959), de lire la Critique de la raison pure comme un roman policier. Pour Heine, Kant est un terroriste de la pensée, plus redoutable que Robespierre ; sa première préface se place sous le signe de la métaphysique en reine déchue et cite les Métamorphoses d'Ovide. Selon Cohen-Halimi, le « meurtre » est celui d'une raison réduite à la connaissance : si on lit Kant comme simple épistémologie (néokantisme), la raison devient une machine de reconnaissance qui n'identifie que ce qu'elle sait déjà connaître, un monde « réifié ». Mais le détective a deux faces : calculateur qui dissipe les énigmes ou, par le retournement dialectique, celui qui rouvre l'inconnu et un autre usage des catégories, l'usage pratique.

Phénomène, noumène, limite. Le noumène n'est pas un objet caché, mais un concept limite : Kant distingue la borne (un inconnu seulement contingent, a posteriori) de la limite (un partage a priori du connaissable et de l'inconnaissable). Écarter la transcendance du champ de la connaissance revient à l'affirmer. Persister à vouloir connaître le suprasensible, c'est l'illusion transcendantale ; la bonne voie est de justifier les idées (Dieu, monde, moi) par leur usage pratique. La deuxième critique est « enchâssée » dans la première, notamment dans la préface de 1787 (révolution copernicienne confirmée par l'expérience dans le champ pratique, autonomie).

Le « je pense » : vider sans supprimer. Dans les paralogismes de la psychologie rationnelle, Kant vide le « je » de toute substance : une fonction logique, une prédication, pas une intuition stable ; rien à connaître en soi (« je ne sais pas qui est ce moi »). Il libère ainsi la conscience de l'ontologie, contre une psychologie rationnelle wolffienne qu'il attribue à Descartes (que Kant connaît de seconde main, nuance Cohen-Halimi). Mais il maintient le « je » : une « conscience d'acte, de spontanéité, d'existence » (note de 1787, § 25 de la déduction) : une existence qui n'est ni phénomène ni noumène, qui ouvre à l'avenir moral. Le film de Woody Allen (Harry dans tous ses états) illustre le flou de ce sujet. Dans le journal, Mosna-Savoye présente Yves Stourdzé et ses Ruines du futur (1979).

Excerpts

“« ce livre est le glaive qui tua en allemagne le dieu des déiste »”

“« il faut libérer la conscience de l'ontologie »”

“« une borne c'est une distinction a posteriori entre le connu et l'inconnu »”