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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Hartog, François & Knoepfler, Denis & Foulon, Éric & Ferrary, Jean-Louis

Hartog, François & Knoepfler, Denis & Foulon, Éric & Ferrary, Jean-Louis

Hartog, François: historien, éditeur de Polybe dans la collection Quarto

Knoepfler, Denis: épigraphiste, historien de la Grèce hellénistique

Foulon, Éric: helléniste, éditeur de Polybe

Ferrary, Jean-Louis: historien de Rome et de l'hellénisme

La réalisatrice est mal restituée (Laetitia Coÿa ?). Des extraits des Histoires, de Plutarque et de la thèse de Fustel de Coulanges sont lus par des comédiens, dont Quentin Baillot ; les autres noms de lecteurs sont illisibles.

POLYBE (vers 200-118 av. J.-C.) – Une Vie, une œuvre [2007]

Rien ne veut rien dire · Apr 28, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

L'émission accompagne la parution en Quarto des Histoires traduites par Denis Roussel, soit le tiers conservé d'une œuvre de quarante livres. François Hartog présente Polybe comme le premier penseur de l'histoire universelle : la conquête romaine a bouleversé en un demi-siècle le monde des cités et des royaumes hellénistiques, et il faut une nouvelle manière d'écrire l'histoire. Denis Knoepfler décrit la confédération achéenne, un véritable État fédéral dont Polybe, né à Mégalopolis en Arcadie, était très fier, et sa partialité contre les Étoliens, pourtant organisés sur des principes semblables. Éric Foulon retrace la jeunesse d'un fils de grande famille, formé par Philopœmen, dont il porte l'urne funéraire, et élu hipparque, deuxième personnage de l'État. Après Pydna (168), la tiédeur achéenne envers Rome vaut la déportation de mille notables, dont Polybe, en Italie, où les deux tiers meurent. La question qui traverse toute l'œuvre est alors posée : comment et par quel gouvernement Rome a-t-elle soumis presque tout le monde habité en moins de cinquante-trois ans ?

Jean-Louis Ferrary explique la situation exceptionnelle de l'otage, ami et précepteur de Scipion Émilien. Polybe en conclut que les victoires romaines ne sont pas des caprices de la Fortune mais le fruit de la supériorité des institutions. Il adresse un double message : aux Grecs, que la domination est durable, aux Romains, qu'un empire ne se conserve que par les moyens qui l'ont établi, sous peine de tyrannie. Le livre VI, placé après Cannes, analyse la constitution mixte, à la fois monarchique, aristocratique et démocratique, la légion supérieure à la phalange et une religion qui tient la foule par la crainte et les funérailles des nobles. Hartog dégage les concepts de Polybe : la symplokè, le tissage qui rend les événements interdépendants à partir de 220, et la synopsis, la vue d'ensemble, obtenue en découpant le récit par olympiades et par théâtres d'opérations. Polybe retourne aussi Aristote, pour qui la tragédie l'emportait sur l'histoire : l'histoire devient une tragédie véridique, et le général kath'holou devient l'histoire « catholique », universelle.

Knoepfler décrit une langue proche de celle des décrets hellénistiques, technique, abstraite et psychologique, rude à lire. Foulon raconte les deux projets successifs et les voyages d'un homme curieux de géographie : l'Espagne celtibère, Massinissa, les sièges de Carthage puis de Numance aux côtés de Scipion. Il évoque enfin sa mort à quatre-vingt-deux ans d'une chute de cheval. Knoepfler explique sa dureté envers Athènes, restée neutre, et le drame de 146, quand ses deux patries s'affrontent et que la confédération est détruite, puis son rôle de médiateur, qui lui valut des statues que Pausanias vit encore. Ferrary suit l'influence de Polybe, de Brutus résumant ses livres à la veille de Philippes jusqu'à Machiavel, qui oppose Rome à Venise comme Polybe l'opposait à Sparte. Hartog conclut sur Fustel de Coulanges, qui refusait de voir en Polybe un traître, et sur la proximité entre la symplokè et l'actuelle « histoire connectée ».

Excerpts

François Hartog sur le projet de Polybe :

“en un demi siècle le monde a changé et ce changement profond du monde oblige quelqu'un qui décide d'écrire l'histoire à dire on ne peut plus écrire l'histoire comme on l'écrivait précédemment il faut trouver une nouvelle manière d'écrire l'histoire qui soit cohérente qui soit à même de rendre compte de ce qui nous est [arrivé]”

Jean-Louis Ferrary sur la conviction de Polybe :

“ses victoires successives ne sont pas simplement le fruit de caprices de la fortune [mais] sont la conséquence de la supériorité des institutions ou sens très large pas seulement les institutions politiques [...] c'est de cette expérience que polybe retire la conviction que dans ces conditions n'étant pas le fruit d'un caprice de la fortune la domination romaine et durable”

François Hartog sur la notion de symplokè :

“pour polybe c'est justement le fait que avec la conquête romaine les événements du monde se trouve désormais imbriqués les uns dans les autres interdépendants les uns des autres autrement dit vous ne pouvez plus écrire l'histoire comme on l'écrivait précédemment”