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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Salin, Christophe

Salin, Christophe

philosophe, auteur à paraître d'Apprendre à philosopher avec Schopenhauer, Ellipses

Schopenhauer (5/5) : L'esthétique

Rien ne veut rien dire · Dec 1, 2016 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

L'art comme suspension de la volonté. Pour Salin, l'objet de l'art chez Schopenhauer est l'Idée au sens platonicien (hors la musique), mais, à la différence de Platon, il n'y a pas de progrès vers la connaissance : l'art a pour fin de mettre un terme au sujet, au désir et à la douleur, et « l'expérience esthétique est une suspension momentanée de la douleur ». Les lectures d'un texte sur le paysage désert et d'un passage du chapitre sur le génie montrent la contemplation pure, qui s'affranchit du service de la volonté ; l'œuvre de génie est inutile, « le revenu net de l'existence ». Ce n'est qu'un avant-goût de l'extinction du désir : l'art est indispensable pour supporter l'existence, mais le sérieux reste la question morale. Salin rapproche cette conception de Bergson (l'artiste voit la réalité même, hors du besoin) et note l'opposition avec Nietzsche, qui voit dans la musique une approbation de la vie (Carmen), même si tous deux veulent une disponibilité supérieure au monde.

Idée, concept, musique. « Le concept c'est la création de la raison c'est effectivement l'outil du philosophe et l'idée c'est l'expérience intuitive » : l'artiste saisit l'Idée hors du temps, de l'espace et de la causalité (le voile de Maya) et la reproduit dans son œuvre ; la musique, hors de la hiérarchie des arts, représente la volonté elle-même, sans concept. Le sujet, qui est d'abord « assujetti » à ses besoins et non maître de lui, disparaît dans la contemplation. Un extrait où le voile de Maya se déchire fait de la pitié l'expérience où l'individu se reconnaît dans les autres.

Pitié, remords, le sujet comme béquille. Salin tire de ce texte une distinction : « le regret c'est finalement ce sentiment désagréable que nous avons quand nous nous rendons compte que si seulement nous avions su », alors que le remords nous révèle que nous avons fait ce que nous avons voulu et nous dégoûte d'être cette volonté ; il illustre le déchirement du voile par La Chute de Camus (l'homme qui n'a pas réagi au suicide de la « nuque ») et par le texte de Hesse sur l'unité illusoire du moi. Il voit dans l'art l'occasion de se débarrasser un moment de la « béquille » du sujet cartésien, pour une jouissance sans désir. Sur la question de Rosset (Schopenhauer n'aurait pas pris la mesure d'un plaisir sexuel démesuré), Salin répond que la douleur est positive, le bonheur négatif, et qu'on ne gagne pas à devenir riche, car le désir ne s'épuise pas dans le besoin.

Excerpts

“« l'expérience esthétique est une suspension momentanée de la douleur »”

“« le concept c'est la création de la raison c'est effectivement l'outil du philosophe et l'idée c'est l'expérience intuitive »”

“« le regret c'est finalement ce sentiment désagréable que nous avons quand nous nous rendons compte que si seulement nous avions su »”