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▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ trente-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et le nom de l'invité)
Core ideas
Vivre dans le feu. La présentatrice ouvre sur la « soif d'absolu » qui anime Tsvetaïeva, Rilke, Flaubert et Glenn Gould, forçats de la perfection. Pour l'invité, Tsvetaïeva a voulu vivre « dans le feu », au maximum d'intensité, et s'est suicidée en 1941, au moment où cela n'était plus possible : émigrée (Prague, puis la banlieue parisienne à partir de 1925), rentrée en Russie, sa famille frappée par la répression, évacuée loin du front, sans pouvoir écrire. « Vivre et écrire » étaient pour elle équivalents. Sa tombe est inconnue (fosse commune).
La poésie, ce n'est pas l'expression de soi. À la différence de nombre de contemporains, la création vise non l'étalage de l'identité mais la révélation de l'identité du monde : elle voulait pour épitaphe « sténographe de l'être », transcrivant ce que le monde dicte. Elle refuse la scission entre vie et écriture, méprise l'esthétisme (« ma spécialité c'est la vie, ma profession c'est la vie »), et dit : « un poète c'est un être humain multiplié par mille », quelqu'un qui est sorti de l'âme pour entrer dans le verbe. La perfection de l'œuvre est un rapprochement infini de la vérité du monde, qui englobe toute morale. Elle reproche à Rilke, Proust ou Pasternak d'avoir négligé la vie privée et l'amour. Sa pratique : brouillons multiples, mais le travail est un travail sur l'être, non la ciselure formelle.
Amour à distance, exil, engagement. Elle s'éprend d'inconnus par lettres (schéma : compliments, passion, inquiétude, rupture, puis un poème, comme « Tentative de jalousie »), préférant la rencontre en rêve ou en correspondance, comme avec Rilke et Pasternak (correspondance à trois de 1926, interrompue par la mort de Rilke). Son intensité dépasse celle de ses deux correspondants. L'exil est pour elle condition métaphysique (« le poète est un exilé de l'univers ») autant que réalité sociale : misère à Paris, public russe indifférent, travail d'agent soviétique de son mari. Son texte « Le Chinois » exprime une solidarité avec les étrangers (« nous sommes tous des étrangers en puissance »). Son engagement n'est lié à aucun parti : elle défend la famille du tsar un jour, Maïakovski le lendemain, car l'absolu peut se manifester sous des visages différents. Elle écrivit aussi en français et en allemand ; ses poèmes (« Insomnie ») ne se laissent pas traduire sans perte (rimes). Les traductions d'Éve Malleret et d'Elsa Triolet sont évoquées.
Excerpts
“« un poète c'est un être humain multiplié par mille »”
“« ma spécialité c'est la vie ma profession c'est la vie »”
“« bien écrire ce n'est pas bien enchaîner les mots c'est être la personne qui vit intensément et qui parvient à trouver les mots pour exprimer cette expérience unique »”