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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Morel, Jean-Pierre

Morel, Jean-Pierre

auteur d'un commentaire du Procès en collection de poche, Le Procès de Franz Kafka et ses dossiers

L'absurde (5/5) : Franz Kafka

Rien ne veut rien dire · Oct 26, 2016 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Le procès dans le crâne de Kafka ? Laurentin ouvre sur le Journal du 28 juillet 1914 (Kafka « se pétrifie ») et sur la formule de Beckett (Fin de partie comme intérieur d'un crâne). Morel répond que le roman est écrit entre l'été 1913 et l'été 1914, que le procès de Joseph K. s'étend de son trentième anniversaire à la veille du trente et unième, et que Joseph K. (premier fondé de pouvoir d'une banque, fier de son bureau et de ses téléphones, comme Kafka à la compagnie d'assurances de Prague) n'est pas un petit employé. Le contexte : Kafka vit chez ses parents, correspond avec Felice, voit dans la littérature une appartenance qui l'écarte des siens, et ce « désert de questions » coexiste avec une activité nocturne intense : il a une vocation littéraire sans pouvoir coïncider avec elle, d'où l'impasse constante de ses livres, déjà dans Le Verdict (écrit avant, le père condamne son fils à la noyade, qui obéit : une aporie de la jouissance et de l'obéissance). Kafka, comme Moïse, s'arrête toujours au seuil.

Un néant ridicule, un tribunal partout. La logeuse dit à Joseph K. que son arrestation lui fait « l'impression de quelque chose de savant », il répond que c'est « un néant ridicule » : « c'est à partir de ce néant ridicule que commencent les péripéties de joseph k ». Entre le quelque chose de savant et le rien du tout se déploie une institution judiciaire incompétente et corrompue, délocalisée (interrogatoires chez un huissier, dans un immeuble populaire), partout présente (le peintre Titorelli, les petites filles dans l'escalier, l'aumônier). Le premier interrogatoire (chapitre III) est un échec : Joseph K. veut retourner la foule, mais personne ne l'écoute et tous portent les mêmes insignes ; Morel y voit aussi, en dehors du rituel judiciaire, des allusions à une assemblée politique ou communautaire, dont le récit ne choisit pas. Il insiste sur le désir sexuel diffus du tribunal (les petites filles qui épient le peintre).

La parabole de la Loi, le dénouement. « Devant la loi », seul extrait du Procès publié du vivant de Kafka, est dit à Joseph K. par l'aumônier dans la cathédrale : « la condition humaine c'est d'attendre indéfiniment et désespérément devant une porte qui n'était pourtant fait que pour vous ». Morel mentionne l'interprétation de Benjamin et de Stéphane Mosès (la discussion rabbinique sur la loi, mais transposée en rapport de force où l'un doit céder), plusieurs lectures (existentielle, littéraire, religieuse), et la phrase de l'aumônier, qu'il ne faut pas que ce soit vrai mais nécessaire. Le peintre propose à Joseph K. trois issues (acquittement réel, acquittement apparent, ajournement illimité) et montre une justice dont personne ne voit le sommet. Joseph K. commet des imprudences (attaquer le tribunal, congédier son avocat) et est exécuté « comme un chien », sans protester ; Primo Levi, qui a traduit le roman, y a lu « la honte d'être humain ».

Excerpts

“« c'est à partir de ce néant ridicule que commencent les péripéties de joseph k »”

“« la condition humaine c'est d'attendre indéfiniment et désespérément devant une porte qui n'était pourtant fait que pour vous »”

“« la honte d'être humain »”