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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Bonnier, Alexandre & Bordillon, Henri & Fauchereau, Serge

Bonnier, Alexandre & Bordillon, Henri & Fauchereau, Serge

Bonnier, Alexandre: écrivain et critique

Bordillon, Henri: éditeur des Œuvres complètes de Jarry dans la Pléiade

Fauchereau, Serge: critique et historien de l'art

On entend des archives d'André Salmon, qui a connu Jarry, d'un satrape du Collège de pataphysique (nom incertain) définissant la pataphysique, ainsi que les voix de Paul Éluard, Boris Vian et d'acteurs (Bruno Cremer, Jean Négroni) dans des extraits d'Ubu. Des textes de Jarry (Les Minutes de sable mémorial, Messaline, Le Surmâle, La Dragonne) sont lus par François Maistre. La transcription est très dégradée au début, sur les chansons et les extraits d'Ubu.

Une Vie, une œuvre : Alfred Jarry (1873-1907)

Rien ne veut rien dire · Jan 22, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre.

Core ideas

André Salmon, en archive, voit Jarry comme un grand artiste et un écrivain de premier ordre, victime moins de l'alcool que de « cette caricature humaine qu'il trimballait partout ». Alexandre Bonnier rapproche Jarry de Kafka : une même entreprise de dénonciation, romanesque chez l'un, par le désordre de la langue chez l'autre. Un intervenant souligne une nouveauté : l'auteur « parasite » l'œuvre, Ubu s'empare de Jarry et en fait une marionnette. Il dément la légende d'une enfance misérable. Fils de la bourgeoisie de Laval, élève brillant, Jarry découvre l'absinthe et la vie littéraire et échoue à ses examens. Henri Bordillon explique la nécessité de l'édition de la Pléiade, première édition critique complète, nourrie des documents de Rachilde et de sa fille. Il insiste sur le fait que Jarry n'a que 23 ans lors de la première d'Ubu roi en décembre 1896. Ce succès de scandale trop précoce fut une sorte de « péché originel » qui le poussa à porter le masque d'Ubu, issu d'une saga potachique du lycée de Rennes qu'il s'était appropriée.

Les intervenants lisent Les Minutes de sable mémorial, où « Guignol » occupe le centre du triptyque et où Ubu apparaît déjà en « pataphysicien », entre guillemets. Bordillon y voit un programme de polysémie qui va jusqu'à La Dragonne (« les jeux de mots ne sont pas des jeux »). Bonnier insiste sur la parodie (Mallarmé, le symbolisme), sur les Bretons Corbière et Max Jacob, et sur Jarry comme modèle de Dada par le scandale et le revolver. Un satrape du Collège de pataphysique définit la « science des solutions imaginaires » : la pataphysique est à la métaphysique ce que celle-ci est à la physique, avec l'équivalence des contraires et l'intérêt pour l'exception, comme dans la découverte de la pénicilline. Bordillon y voit plutôt un mot calqué sur la « psychophysique » de Fechner décrite dans le Larousse, et non un corps de doctrine. Pour lui, Faustroll est une superposition de discours qui défait l'unité, tandis que la « science du particulier » s'applique aux faits divers de ses chroniques.

Les intervenants rapprochent Faustroll et Les Jours et les Nuits : deux livres de fragments, l'un ludique, l'autre sincère, qui travaillent la perception du réel par la drogue et l'alcool. Ils les relient à Rabelais, à la navigation celtique de saint Brendan et à l'antimilitarisme du « roman d'un déserteur ». Serge Fauchereau évoque la revue L'Ymagier avec Remy de Gourmont, l'amitié avec le Douanier Rousseau, et des gravures de Jarry qu'il voit comme une prescience du cubisme par le refus de la perspective. Bordillon présente Messaline et Le Surmâle comme des commandes de genres à la mode transfigurées. Le Surmâle, inspiré de Wells, touche au tabou de la sexualité jusqu'à la machine qui meurt d'amour, autour de la métaphore obsédante du lien entre sexe et mort. Il y voit un refus de la psychologie et des hommes considérés comme des pantins. Le duel de La Dragonne serait un absolu nouveau, presque nietzschéen. À un intervenant qui s'étonne que les surréalistes aient ignoré ce livre, Bordillon rappelle que Breton et Aragon, bibliothécaires de Jacques Doucet, connaissaient le manuscrit de La Bataille de Morsang.

Excerpts

André Salmon (archive) sur Jarry et son personnage :

“jarry a été victime de son personnage parce que il ya quelque chose dans le déconcertante de remarquablement intelligent un grand artiste un écrivain de premier ordre il est très difficile de jouer le père ubu quand on n'est pas le père ubu”

Un intervenant sur l'auteur parasite de l'œuvre :

“c'est que l'auteur parasites l'oeuvre quelque sorte si on veut renverser la la proposition le mort saisit le vif comme si la création de jarry ubu s'emparer de lui et en faisait à son tour une marionnette”

Un satrape du Collège de pataphysique (archive) :

“on peut dire que la pataphysique est à la métaphysique ce que la métaphysique est à la physique un des principes fondamentaux de la pataphysique est d'ailleurs celui de l'équivalence des contraires”