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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Lenoir, Frédéric

Lenoir, Frédéric

sociologue

L'Autre scène ou les vivants et les dieux : L' Occident et le bouddhisme (2000)

Rien ne veut rien dire · Mar 21, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ trente-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance et quelques passages brouillés, surtout les noms propres)

Core ideas

Un bouddhisme imaginé. Cazenave explique qu'il ne s'agit pas de décrire le bouddhisme mais la manière dont l'Occident l'a reçu et en partie « fantasmé » depuis la fin du XVIIIᵉ siècle, en hésitant entre bouddhisme (vacuité) et hindouisme (brahman). Selon Lenoir, l'engouement romantique pour l'hindouisme (les Veda, Schlegel) fut bref ; le bouddhisme fut presque cinquante ans « une drogue » pour les intellectuels, puis déçut ; à partir des années 50 revient un intérêt pour l'Inde par la rencontre d'un maître spirituel (gourous, puis maîtres zen et tibétains dans les années 70). L'attrait vient d'un très ancien mythe de l'Orient merveilleux, terre du « tout autre » et des renonçants nus.

Schopenhauer et l'équation nihiliste. Le bouddhisme n'a pas été découvert par Schopenhauer : Le Monde comme volonté et comme représentation (1819) est antérieur à sa connaissance. Mais quand on a découvert le bouddhisme dans les décennies suivantes, on l'a lu à travers lui, et lui-même a parlé d'une « admirable concordance », attribuant aux bouddhistes son propre pessimisme, d'où l'équation nihilisme = bouddhisme = pessimisme = Schopenhauer, dominante dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle (Challemel-Lacour, « Un bouddhiste allemand » ; « souffle glacé du néant »). Droit rappelle que Hegel, lisant Colebrooke, commentait le nirvana comme anéantissement, y trouvant une illustration de sa logique de l'être et du néant. Le contresens majeur est d'avoir transformé une absence (le bouddhisme ne pose pas la question de Dieu) en négation, faisant de lui un athéisme, parce que l'athéisme était une question brûlante pour l'Europe de ce temps.

Nietzsche, Wagner, Freud. Nietzsche a une fascination et une détestation durables : il oppose le bouddhisme, plus rationnel et pragmatique, au christianisme, mais le range avec lui parmi les religions du « non à la vie », contre l'amor fati et la tragédie (« seule la tragédie peut nous sauver du bouddhisme », 1872), et parle d'un « bouddhisme européen » qui désigne une mollesse nihiliste. Wagner projetait un opéra sur le Bouddha (Les Vainqueurs) ; Freud nomme « principe de nirvana » le retour à l'état antérieur à toute tension, filiation qui passe par Schopenhauer. Pour Droit, le nirvana (étymologiquement « extinction du souffle ») n'est ni néant ni extase mais une dénomination imparfaite de l'indicible : à la question de ce qu'il est, la plupart des écoles répondent par le silence, après le déploiement d'une logique subtile (Nagarjuna, la voie du milieu) qui épuise toutes les positions. Les deux pôles de la pratique sont la concentration (dhyana, zen) et le discernement (prajna).

Trois livres. Cazenave présente Isis, mère des dieux de Françoise Dunand, Newton ou le triomphe de l'alchimie de Jean-Paul Auffray (Newton passa la moitié de sa vie à l'alchimie) et un livre sur le tantrisme et l'harmonie sexuelle, qu'il loue d'éviter les fantasmes occidentaux.

Excerpts

“« le bouddhisme a été une sorte de surface de projection pour l'imaginaire européen »”

“« a consisté à transformer une absence en une négation »”

“« l'inde reste une terre de merveilleux d'extrême qui nous fascine »”