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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Tomès, Arnaud & Tonka, Hubert

Tomès, Arnaud & Tonka, Hubert

Tomès, Arnaud: professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Fustel-de-Coulanges de Strasbourg, auteur d'un commentaire de L'existentialisme est un humanisme chez Ellipses, en duplex

Tonka, Hubert: éditeur et architecte, invité du journal de François Noudelmann sur Vérité ou radicalité de l'architecture ? de Jean Baudrillard

L'émission est animée par Adèle Van Reeth. On entend une archive de Sartre (émission radiophonique « Les Temps modernes », 3 novembre 1947) et un bref témoignage d'Annie Cohen-Solal. Un texte de Michel Tournier (Le Vent Paraclet), des extraits de La Nausée et de L'existentialisme est un humanisme sont lus par Jean-Louis Jacopin, et l'émission comprend aussi une improvisation de Boris Vian et « La rue des Blancs-Manteaux » chantée par Juliette Gréco.

Jean-Paul Sartre (4/4) : L'humaniste : L'existentialisme est un humanisme

Rien ne veut rien dire · Dec 16, 2016 · partial coverage

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Coverage note: l'essentiel - transcription automatique de bonne qualité, dont la fin (journal) n'a été que survolée.

Core ideas

L'émission s'ouvre sur le récit de Michel Tournier : la conférence du 28 octobre 1945, une foule énorme et des femmes évanouies sur un piano, et la déception des disciples devant ce maître qui ramasse « dans la poubelle » la vieille notion d'humanisme. Arnaud Tomès rappelle que La Nausée raillait tous les humanismes à travers l'Autodidacte, qu'il soit radical, communiste ou catholique. Il explique la conversion de deux façons : Sartre a découvert le collectif au stalag, comme l'Autodidacte dans son camp de prisonniers, et il ne rejetait au fond que les « bons sentiments » qui posent l'homme comme valeur de façon irrationnelle. Dans l'archive de 1947, Sartre répond à ceux qui voient dans l'existentialisme un « excrémentialisme » ou une mode du désespoir : il est au contraire optimiste et philosophie de l'action. On n'est impuissant que si l'on se croit impuissant. Tomès précise que Sartre récusa d'abord le mot « existentialisme ». Sa philosophie oppose l'existence, liberté, projet et jaillissement, à l'essence, nature fixe. Elle hérite de Husserl, de Kierkegaard (l'angoisse devant l'infini des possibles, la mauvaise foi) et de Heidegger (l'ex-sistence, un être qui « n'est pas ce qu'il est »), ce qui donnera lieu à la polémique de la Lettre sur l'humanisme.

Adèle Van Reeth s'étonne de ce volontarisme. Tomès répond que la liberté sartrienne n'est pas la volonté : on est libre jusque dans l'émotion, et la liberté est avant tout contingence et projet vers des possibles non donnés. Il rappelle l'obsession morale de Sartre : une morale annoncée en 1939, les Cahiers pour une morale abandonnés et une morale dialectique dans les années 1960. Dans la conférence, chaque acte engage l'humanité entière : « en se choisissant, il choisit tous les hommes », et « nous ne pouvons choisir le mal ». Tomès juge cette stratégie « éminemment discutable ». Elle limite une liberté que Descartes étendait au choix du mal. Elle fait découler le bien du choix au lieu de le poser d'avance. Et elle reste kantienne dans la forme tout en reprochant à Kant son formalisme, comme dans l'exemple de l'élève qui hésite entre sa mère et la France libre. Adèle Van Reeth objecte que soit Sartre est kantien et pas plus concret que Kant, soit il ne donne aucun contenu à l'action. Tomès invoque une « morale en situation », qui tient compte de la condition sociale.

Tomès présente la conférence comme un texte de circonstance. Sartre veut répondre aux communistes, qui lui reprochent un « quiétisme du désespoir » et ses liens avec Heidegger, alors qu'il souhaite se rapprocher d'eux et défendre l'homme opprimé, comme dans l'éditorial des Temps modernes paru le même mois. Il souligne aussi la distinction entre deux subjectivismes : partir du cogito, mais sans s'enfermer dans le solipsisme. S'il n'y a pas de nature humaine, il y a une condition humaine universelle : être jeté dans le monde, au travail, mortel, et devoir toujours se transcender. L'humanisme existentialiste n'est donc pas l'humanisme classique, chrétien ou des Lumières, fondé sur une dignité ou une nature. C'est un humanisme du dépassement, où l'homme, son propre législateur, se définit par ses actes et définit en même temps l'humanité qu'il veut. Annie Cohen-Solal raconte enfin comment Sartre lui a permis, jeune juive née en Algérie, de comprendre son identité.

Excerpts

Arnaud Tomès sur ce que Sartre rejette dans l'humanisme :

“ce que rejette Sartre dans l'humanisme l'humanisme tel qu'il en est question dans la nausée je crois ce sont les bons sentiments des humanistes voilà [...] c'est finalement une une I qui est une position qui est fondée avant tout sur sur des sentiments et qui et qui pose de manière assez irrationnel l'homme comme valeur”

Sartre (archive, 1947) sur l'impuissance :

“nous pensons que l'homme n'est jamais impuissant que lorsqu'il est persuadé qu'il l'est ah alors là c'est vraiment l'impuissance parce qu'il ne fait plus rien parce qu'il attend du dehors et que les choses arrivent en dehors de lui mais même dans les situations les plus écrasantes l'existentialiste pens que l'homme est libre”

Arnaud Tomès sur un nouvel humanisme :

“c'est précisément parce que l'homme ne peut pas être défini il n'a pas de nature et qu'il a à se définir à chaque instant par ses actes c'est précisément pour cette raisonlà qu'on peut parler d'humanisme [...] une nouvelle sorte d'humanisme un humanisme justement de la transcendance un humanisme du dépassement”