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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Astor, Dorian

Astor, Dorian

philosophe, ancien contre-ténor, biographe de Lou Andreas-Salomé

Respiration Nietzsche (4/5) : Musique de mort, musique de vie

Rien ne veut rien dire · Mar 24, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-quatre minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; plusieurs noms propres sont déformés)

Core ideas

La cire dans les oreilles. Le point de départ est un aphorisme du Gai savoir : le philosophe n'avait plus d'oreilles pour la vie en tant qu'elle est musique, il tient toute musique pour une musique de sirène. Astor y lit un préalable à tout idéalisme : se boucher les oreilles pour ne pas entendre la rumeur de la vie elle-même, le champ des sirènes étant le champ du réel. Nietzsche, autodidacte en philosophie venu de la philologie, rêvait d'être compositeur (il improvisait au piano, ses compositions sont posthumes) ; la musique est au centre de sa pensée, comme le dit Clément Rosset. Par Schopenhauer (qu'il dévore en six jours et cinq nuits), seul philosophe à avoir donné à la musique une importance quasi métaphysique, elle entre dans la philosophie ; mais il lui reprochera de rester théiste, et La Naissance de la tragédie (« enfantée par l'esprit de la musique ») sert d'abord à penser Apollon et Dionysos.

Wagner, Beethoven, la valeur physiologique. « Sans la musique la vie serait une erreur » : la musique affirme la vie, mais seulement si elle exprime la santé et non l'épuisement (Wagner). Nietzsche, d'abord wagnérien, l'appelle ensuite une de ses « maladies », et ne le critique pas par contradiction mais par lutte contre soi-même : penser contre soi parce que nous sommes plusieurs. Tristan garde pour lui une fascination ; à Turin, il défend Bizet, Rossini, Haendel. Contre le « théâtre » et l'histrionisme de Wagner, Mozart et Beethoven sont des compositeurs de « musique pure » ; mais dans Par-delà bien et mal (245), Beethoven est le produit d'une rupture et d'un deuil éternel (le romantisme européen), tandis que Mozart est l'ultime expression d'un goût européen. À Bayreuth (1876), il pleure à la 9e symphonie mais est déçu par le festival.

Joie tragique, Carmen. Le critère est physiologique : une musique me rend-elle plus sain, plus puissant ? Pour Nietzsche, la joie est assimilée à la puissance et à l'aptitude à endurer la souffrance, non au bonheur ; il ne dit jamais « je suis heureux » mais « je suis fort, je comprends plus, je me bats plus ». Bizet et Carmen (« sa gaieté est africaine, l'aveugle destin pèse sur elle ») illustrent cette joie tragique : une tragédie sans happy end, où Don José dit « c'est moi qui l'ai tuée, ma Carmen adorée ». L'apparence, chez lui, est la mise en forme plastique de la vie (l'artiste comme modèle d'une pensée immanente), non le mensonge d'un monde caché. L'animatrice annonce pour le lendemain Olivier Ponton sur l'éternel retour (Gai savoir, 341).

Excerpts

“« sans la musique la vie serait une erreur »”

“« Wagner a été une de mes maladies »”

“« il y a une assimilation de la joie à la puissance »”