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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Boulnois, Olivier & Schefer, Bertrand & Graziani, Françoise & Toussaint, Stéphane

Boulnois, Olivier & Schefer, Bertrand & Graziani, Françoise & Toussaint, Stéphane

Boulnois, Olivier: philosophe, historien de la philosophie médiévale

Schefer, Bertrand: traducteur des 900 conclusions

Graziani, Françoise: traductrice des sonnets de Pic

Toussaint, Stéphane: historien de l'humanisme florentin

Le générique cite un intervenant italien (prénommé Giuseppe, nom incertain dans la transcription) qui évoque la Florence de Laurent de Médicis ; des extraits de la biographie de Pic par son neveu Jean-François, du Discours sur la dignité de l'homme, des 900 conclusions, du Commento et des sonnets sont lus par des comédiens, et une productrice non nommée assure la narration.

JEAN PIC DE LA MIRANDOLE (1463-1494) – Une vie, une œuvre [2006]

Rien ne veut rien dire · Feb 8, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne ; les sonnets lus en italien sont inintelligibles.

Core ideas

L'émission présente Pic de la Mirandole comme une figure presque mythique de la Renaissance. Prince de Concordia né dans une famille guerrière d'Émilie, il renonce en partie à sa fortune pour mener une vie entièrement philosophique, connu par la biographie hagiographique de son neveu Jean-François et mort à 31 ans, le jour même où Charles VIII entre à Florence. L'intervenant italien replace Pic dans la Florence de Laurent de Médicis, de Ficin et de Politien, qui vit l'illusion d'une renaissance sans péril avant que Machiavel n'en montre la fragilité. Olivier Boulnois souligne que Pic, au moment où l'humanisme privilégie l'éloquence, tient à garder la technicité du langage philosophique et l'héritage scolastique de Thomas d'Aquin et des Parisiens. Il veut ressaisir toute la tradition, des présocratiques au Moyen Âge, pour penser l'homme.

Bertrand Schefer raconte l'histoire des 900 conclusions. Pic les conçoit comme le programme d'une sorte de « jeux olympiques » de la philosophie et de la théologie, un débat public à Rome qui est interdit. Treize thèses sont jugées suspectes, notamment celle selon laquelle aucune science ne prouve mieux la divinité du Christ que la magie et la kabbale, ou celle sur le salut d'Origène. L'Apologie publiée par Pic le fait déclarer relaps, puis arrêter et incarcérer quelques semaines au donjon de Vincennes, peut-être pour le protéger de Rome, tandis que le livre est brûlé. Schefer explique la méthode : une doxographie qui remonte des maîtres latins aux commentateurs, aux Grecs, aux sages antiques et enfin aux kabbalistes. Elle suppose une unité originelle de la vérité, et la kabbale y apparaît comme la clé suprême, puisque l'hébreu serait une langue où les mots agissent et où les querelles verbales de la scolastique se dissoudraient. Boulnois rappelle que Pic apprend l'hébreu à Padoue avec Elia del Medigo. Sa kabbale chrétienne vise une sagesse antérieure à la séparation des traditions, où les sephiroth préfigureraient la Trinité. Tout converge vers la « concorde » : faire la paix entre Platon et Aristote, Averroès et Thomas, et finalement entre les religions.

Boulnois commente le Discours sur la dignité de l'homme. Pic écarte deux arguments classiques, l'homme comme microcosme et l'homme comme intellect, pour fonder sa dignité sur la liberté. Dépourvu de nature déterminée, comme l'Épiméthée de Platon, l'homme peut se donner toutes les formes et devenir plante, bête, ange ou puissance divine. Boulnois distingue cet humanisme d'un humanisme prométhéen. Stéphane Toussaint explique le jeu de mots des humanistes sur picus, le pic qui creuse les bois les plus durs comme Pic perce les doctrines obscures, et le portrait de Pic en messager des dieux chez Ficin. Il souligne la densité intuitive d'une pensée qui traverse deux mille ans en un paragraphe, et voit dans le De ente et uno une concorde entre pensée de l'être et pensée de l'un. Il oppose aussi le génie solaire de Ficin, pour qui l'univers est traversé par l'amour, au génie plus ténébreux de Pic, qui doute de la réciprocité de l'amour divin et développe la doctrine kabbalistique du « baiser » de la mort extatique. Françoise Graziani présente des sonnets d'une audace formelle qui dépasse Pétrarque, où la poésie sert d'initiation à la philosophie et où l'oxymore dit l'indicible de la sensation. Elle voit dans ses derniers vers la mélancolie de l'homme d'étude, consumé par les livres et conscient de sa mort prochaine.

Excerpts

Olivier Boulnois sur la liberté comme fondement de la dignité humaine :

“l'homme n'a en soit au fond rien de propre et il peut au contraire acquérir toutes les propriétés se les donner à soi même par l'exercice de la pensée par le travail par sa liberté donc la dignité de l'homme si vous voulez ce n'est pas qu'ils aient une perfection départ sauf au contraire qu'il m'est totalement dépourvu de perfection à la différence des autres animaux [...] d'où la phrase de pic de la mirandole qui consiste à dire que l'homme peut devenir anges ou bête”

Bertrand Schefer sur le projet des 900 conclusions :

“c'est une chose qui a été écrite en vue d'un débat public qui devait avoir lieu à rome et le débat ils ont été interdits [...] c'était une espèce de jeux olympiques de la théologie de la philosophie dont il avait préparé le programme donc en fait les 900 conclusion oui c'est une sorte de table des matières de tous les débats”

Le Discours sur la dignité de l'homme, lu dans l'émission :

“si tu vois un philosophe qui discernent toute chose selon la droite raison vénère le ce n'est pas un animal terrestre c'est un être céleste si tu vois un pur contemplateur oublieux de son corps est retirée dans le sanctuaire de l'esprit ce n'est plus ici un animal terrestre ni un animal céleste c'est une puissance divine revêtus de chaire d'hommes”