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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Hoppenot, Éric

Hoppenot, Éric

spécialiste de Blanchot, organisateur avec Alain Milon du colloque « Blanchot et la philosophie » à Paris-Nanterre, 13-15 mai, et codirecteur de Penser la différence : Emmanuel Levinas et Maurice Blanchot

Maurice Blanchot, magicien-philosophe (2/5) : Lévinas

Rien ne veut rien dire · Jan 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-six minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance et des phrases brouillées)

Core ideas

Une amitié de cinquante ans. Levinas et Blanchot se rencontrent à Strasbourg autour de 1923-1925, sont lecteurs communs de Proust, Valéry et de la phénoménologie allemande, puis se séparent géographiquement : une amitié « de pensée », à distance, faite de peu de lettres, qui dure jusqu'à la mort de Levinas. Elle repose sur un tutoiement délibéré (« un pacte »), sur le souci de préserver l'altérité et l'incompréhensible de l'autre, et sur une même fidélité à soi, sans concession. Blanchot parle d'une rencontre « qui éclaire une vie dans ce qu'elle a de plus sombre ».

Les années 1930 et le judaïsme. Blanchot écrit alors dans des journaux d'extrême droite (L'Insurgé, lié à Thierry Maulnier) une rhétorique révolutionnaire-conservatrice, tandis que Levinas publie contre l'hitlérisme ; leur amitié survit à ce « fourvoiement », miracle que Hoppenot trouve énigmatique. Blanchot dit que ce n'était pas « déjà le judaïsme » qui les unissait, mais Hoppenot suppose qu'à son insu c'est peut-être le cas (l'origine comme décision d'Abraham, thème repris d'André Neher). C'est après la guerre que Blanchot écrit sur la Shoah (L'Entretien infini, « Être juif », jusqu'à L'Écriture du désastre) et lit la Bible presque tous les jours, sans qu'on puisse dire s'il croyait en Dieu.

Heidegger, l'il y a, l'oxymore. Grâce à Levinas, Blanchot découvre Être et temps (« événement de première grandeur ») ; sa formation philosophique est forte, mais ses premiers livres ne sont pas philosophiques. Une lettre de Levinas sur Thomas l'obscur parle de « la présence de l'absence » ; Blanchot répond : « la nuit, pour moi, n'est pas la mort mais l'impossibilité de la mort », contre Heidegger, d'où l'« il y a » anonyme. L'oxymore (la solitude à deux, l'absence présente, la démesure raisonnable) suspend la pensée et marque ce qu'on ne peut plus dire ; Levinas admire chez Blanchot un neutre qui ne mène pas à l'angoisse heideggérienne mais à une transcendance. Enfin, l'Abraham de Blanchot, lu à travers Kafka, est le nomade qui s'arrache au lieu initial, alors que celui de Levinas revient.

Excerpts

“« une amitié qui va durer une cinquantaine d'années »”

“« la nuit pour moi n'est pas la mort mais l'impossibilité de la mort »”

“« c'est une amitié qui en fait se dessine à travers un échange de penser »”