MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Simon, Claude

Simon, Claude

romancier

Extraits d'entretiens avec Claude Simon sur la littérature et le cinéma (1966)

Rien ne veut rien dire · Jul 27, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ dix minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance et des échanges mal séparés entre l'interviewer et Simon)

Core ideas

Le cinéma que Simon admire. Interrogé sur les aspects du cinéma qui retiennent son attention de romancier, Simon répond que ce sont ceux qui sont proches de ce qu'il cherche en littérature, des modes de récit neufs ; il cite L'Âge d'or et Un chien andalou (Buñuel), L'Année dernière à Marienbad, Citizen Kane et Huit et demi, qu'il compte parmi les rares « romans-films ». Il déplore que la plupart des films aient gardé une conception de l'histoire racontée qui remonte au siècle précédent : « le récit de la plupart des films [...] est celui de Balzac, Zola ou des romanciers les plus traditionnels ».

Présence, souvenir et imaginaire. À l'idée que le cinéma « montre », Simon répond que ce qui compte est la présence de l'image : « mon art est fait de présence », même s'il écrit au passé, à partir de souvenirs qui sont pour lui extrêmement présents, parfois plus que ce qui vient de se passer. Il refuse donc qu'au cinéma on signale un souvenir par un procédé, et doute qu'on puisse séparer sûrement le perçu de l'imaginaire, en citant un physicien pour qui les mathématiques mesurent la confiance que nous avons dans la nature plutôt que la nature elle-même.

Le Panthéon et le paquet de cigarettes. L'interviewer oppose le cinéaste, qui donne d'un coup un nombre « objectif » de colonnes du Panthéon, au romancier qui reconstitue mentalement l'objet et dont l'écriture rend l'activité de l'esprit dans le rappel de la chose ; pour Simon c'est ce travail de reconstitution qui est intéressant. Il donne l'exemple d'un paquet de Gauloises : le décrire, c'est convoquer tous les objets rectangulaires et bleus du monde, tandis que le regarder fait disparaître le monde. Il plaide que « le monde existe par le langage » et par la pensée, et reconnaît au cinéma d'avoir appris à voir ce que le romancier ou le peintre ne voyaient pas : « pour moi romancier c'est le gros plan ».

Excerpts

“« le récit de la plupart des films ou la façon dont on raconte une histoire dans les films et celui de balzac zola ou des romanciers les plus traditionnels »”

“« mon art est fait de présence »”

“« pour moi romancier c'est le gros plan »”