Lafarge, Jacques
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Core ideas
Une aventure éditoriale. L'émission présente l'édition en onze volumes des Journaux et cahiers de notes, dont le premier paraît quelques jours plus tard (25 avril), après les vingt volumes des Œuvres complètes. Le Centre Kierkegaard de Copenhague, qui prépare l'édition danoise (55 volumes, dont 27 pour les textes de Kierkegaard et le reste de commentaires), a confié le travail français à la même équipe. Lafarge préfère à l'image du continent celle d'un archipel : on passe d'une œuvre philosophique à un texte religieux, puis à une farce d'étudiant (« la lutte entre l'ancienne et la nouvelle cave à savon », où une mouche s'est posée sur le nez de Hegel). Le premier volume couvre 1833-1839, de vingt à vingt-six ans.
La « machinerie de l'œuvre ». Les cahiers ne sont pas un journal intime à la façon d'Amiel : Kierkegaard note les idées qui lui viennent dès qu'elles surgissent, travaille à plusieurs textes à la fois, passant de pupitre en pupitre dans son appartement, et écrit sur des demi-feuilles pliées, laissant une marge où il ajoute des notes parfois des années plus tard : l'édition française reprend cette mise en page en deux colonnes. Ce ne sont pas des brouillons, mais des textes de Ou bien… ou bien se retrouvent littéralement dans les journaux. Blanchot (Faux Pas) note le paradoxe d'une œuvre toute faite de péripéties autobiographiques où Kierkegaard « se donne comme règle de ne rien dire d'important » et se voile en se montrant. L'édition posthume de Barfod, sous l'égide de son frère Peter Christian (devenu évêque), a sauvé beaucoup de manuscrits mais en a détruit après impression ; la nouvelle édition s'appuie donc, quand c'est nécessaire, sur l'édition imprimée (par exemple le carnet de voyage de juin 1835 dans le nord du Seeland).
Lectures, religion, ironie. On y trouve des notes de lecture sur les romantiques allemands (par exemple un compte rendu de Brentano, La belle Anne, mêlant mélancolie et pressentiment du mal), sur le Faust de Goethe lu à travers Schubart, sur le théâtre, Don Juan et Mozart. Le christianisme est présent dès le début, par l'influence de son père (grande piété, conversations avec des penseurs, dont Mynster), et dans Point de vue explicatif de mon œuvre d'auteur, Kierkegaard dit son œuvre religieuse du début à la fin. Le thème de l'ironie romantique annonce Le Concept d'ironie, thèse de doctorat sur Socrate, et un deuil de frère donne lieu à une anecdote mordante.
Excerpts
“« toutes ces pages révèle la machinerie de l'oeuvre »”
“« chaque fois qu'une idée lui paraît intéressante il la note »”
“« quelques gardes se donne comme règle de ne rien dire d'important »”