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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Jaccottet, Philippe & Maulpoix, Jean-Michel & Masson, Jean-Yves & France-Lanord, Hadrien

Jaccottet, Philippe & Maulpoix, Jean-Michel & Masson, Jean-Yves & France-Lanord, Hadrien

documentaire de Fabrice Midal (réalisé par Céline Ters, graphie incertaine) avec Philippe Jaccottet, Jean-Michel Maulpoix, Jean-Yves Masson, Hadrien France-Lanord et une cinquième intervenante (Karin…, nom brouillé dans les sous-titres) ; poèmes et lettres lus par des comédiens

RAINER MARIA RILKE (1875-1926), l'Ouvert et la métamorphose – Une vie, une œuvre [2009]

Rien ne veut rien dire · May 29, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres, les titres et l'allemand)

Core ideas

Paris, la grande ville et la mort en série. Rilke arrive à Paris en 1902, de Prague, où il trouve la modernité de Baudelaire et de Mallarmé et devient le secrétaire de Rodin ; il y découvre l'anonymat de la grande ville et une angoisse (la peur d'exister) que ni la psychologie ni la psychanalyse (Lou Andreas-Salomé l'en détourne) ne peuvent guérir : Les Cahiers de Malte Laurids Brigge la transcrivent. Maulpoix note qu'il y voit une humanité devenue « masse » et une mort traitée « en série » (hôpitaux de Paris) : le monde moderne arrache à chacun sa propre mort, or « la mort est un fruit qui mûrit en nous » et nier la mort, c'est nier la vie, que toute son entreprise poétique cherche à unir. Il apprend de Rodin ce qu'est le travail (non l'efficience mais un don de soi permanent, au point de se séparer de sa femme), regarde avec lui les cathédrales et le Louvre, et découvre Cézanne (tous les points de la toile en rapport, aller au devant du terrible). Jaccottet souligne le risque d'être un « fantôme » sans centre, ce qui fait de Rilke un contemporain de Kafka et de Musil.

Amour, solitude, voyage. Dans une lettre, l'amour est « du travail, du travail à la journée » et la poésie obéit à la même exigence que lui : pas de facilité, entrer plus profondément dans la solitude ; l'amour de loin pour Marina Tsvetaïeva, qu'il ne rencontrera jamais, fonctionne comme l'amour courtois, un apprentissage. Maulpoix et Masson rappellent que la vie de Rilke, de château en château et de ville en ville, est une migration perpétuelle : la « métamorphose » (Wandlung) est son mouvement même, et le lieu ne devient vrai qu'à partir du moment où la poésie le rend habitable (Muzot, Duino).

Les Élégies, l'ange, l'Ouvert. Les deux premières Élégies de Duino sont notées « comme sous la dictée » en 1912, puis s'interrompent jusqu'à Muzot en 1922, où viennent aussi les Sonnets à Orphée ; Valéry parle de « l'armure » qu'on arrache. L'ange est le poète tel qu'il devrait être, circulant entre visible et invisible ; l'Ouvert, notion de la huitième élégie, est un espace éphémère où dedans et dehors ne se distinguent plus, et la métamorphose est de rendre la terre à elle-même en abritant le visible dans l'invisible. L'intériorité, loin d'un repli, est « la plus intense exposition au dehors », et l'amour, un mouvement intransitif qui pousse plus avant, dans la sobriété.

Excerpts

“« la mort est un fruit comme il dit qui mûrit en nous »”

“« le visible et toujours en demande d'être abritées dans l'invisible »”

“« l'intériorité c'est la plus intense exposition au dehors »”