Marty, Éric & Samoyault, Tiphaine & Barthes, Roland & Peker, Julia & Van Reeth, Adèle
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Core ideas
Une archive de Barthes rappelle l'origine des Mythologies (1954-1956) : une sensibilité « maximaliste » au pouvoir et une irritation devant les « assertions de valeur » qui se glissent dans le langage commun, une « intolérance au ce-qui-va-de-soi ». Éric Marty situe ce texte violent et irritable dans la période où Barthes, marginal et hors de l'université, écrit aussi des critiques de théâtre féroces contre le théâtre bourgeois. Tiphaine Samoyault reconnaît des traits d'époque, une lecture aujourd'hui presque nostalgique à la manière du Je me souviens de Perec, mais souligne ce qui ne date pas : une méthode d'écoute des discours et un courage politique, notamment dans les textes contre le colonialisme au début de la guerre d'Algérie. Marty avance que la France ne produit plus de mythologies aussi puissantes, ou plutôt que ses mythes nationaux n'ont guère changé.
Les deux intervenants insistent sur le désir qui habite les textes les plus réussis. Barthes n'est jamais dans le ressentiment ni le mépris : « Le monde où l'on catche », que Marty lit comme une préfiguration de L'Empire des signes, un spectacle de signes comparable à la tragédie grecque, ou la DS, « nouvelle Citroën tombée du ciel » décrite avec sensualité. Samoyault voit le mythologue devenir peu à peu « mythographe », plus attentif à la richesse des interprétations qu'à la dénonciation, et rappelle que Barthes convainquit des documentaristes canadiens de filmer la lutte comme un théâtre. On commente aussi « L'Écrivain en vacances », dont l'écrivain qui travaille toujours est comme Louis XIV « roi même sur la chaise percée », et le strip-tease parisien qui désexualise la femme au moment même où il la dénude, selon le mécanisme du « vaccin ».
Marty précise que Barthes n'est pas positiviste : face au mythe qui « vole » le langage, il propose de voler le mythe à son tour, et il a pratiqué contre ses propres dogmes une forme de « ruse » à la manière de Flaubert. Il évoque aussi l'angoisse éthique de Barthes que le réel s'évapore à force de démystifier, d'où une tâche jugée provisoire et la présupposition d'un réel inaliénable que seule la littérature approcherait. Samoyault distingue le mythe barthésien, très généralisé, du mythe de Lévi-Strauss, aujourd'hui dominant, et voit dans la critique « intégrée » de la publicité un « mythe des mythologies ». Dans le journal de fin d'émission, Julia Peker présente une philosophie du dégoût comme construction culturelle, à partir de l'apprentissage de la propreté.
Excerpts
Roland Barthes, en archive, sur l'origine des Mythologies :
“ce qui me désorganise ou m'irrite très souvent c'est dans la parole ce que j'appellerai les assertions de valeur [...] je peux parler de cette irritation puisqu'au fond c'est elle qui a donné qu'à mis en mouvement le texte que j'ai fait que j'ai l'habitude des mythologies oui les mythologies c'est au fond une sorte de d'expression d'une intolérance aux ce qui va de soi du langage”
Éric Marty sur l'absence de ressentiment chez Barthes :
“il n'est jamais la position du ressentiment par rapport à ces objets qu'il peut aussi aimer et si on prend par exemple la ds5 et la voiture mythologique de l'époque barton parle avec beaucoup de saveurs de sensualité et d'amour [...] ne jamais précisément pensez être celui qui détient la vérité comme une sorte d'un prêt capteur [...] d'inquisiteur de gauche”
« Le strip-tease », lu dans l'émission :
“le strip tease du moins le strip tease parisien est fondé sur une contradiction désexualisé la femme dans le moment même où on l'a dénude on peut donc dire qu'il s'agit en un sens d'un spectacle de la peur ou plutôt du fais-moi peur comme si l'érotisme rester ici une sorte de terreur délicieuse”