MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Cuzin, Jean-Pierre & Cordellier, Dominique & Pellistrandi, Christine & Quilici, Pancho & Arasse, Daniel

Cuzin, Jean-Pierre & Cordellier, Dominique & Pellistrandi, Christine & Quilici, Pancho & Arasse, Daniel

Cuzin, Jean-Pierre: historien de l'art, adjoint au directeur de l'Institut national d'histoire de l'art

Cordellier, Dominique: conservateur en chef au département des arts graphiques du Louvre

Pellistrandi, Christine: chercheuse au CNRS, autrice de Célébration de la lumière

Quilici, Pancho: peintre vénézuélien

Arasse, Daniel: historien de l'art, extrait d'archive de son Histoires de peintures

Une artiste d'origine polonaise, dont le nom est restitué « Gabriella Morales » (sans doute Gabriela Morawetz, nom incertain), commente la Transfiguration. L'émission est enregistrée au Louvre devant les œuvres et les dessins. Des textes de Vasari, de Castiglione et la lettre de Raphaël à Léon X sont lus par Éric Herson-Macarel.

RAPHAËL (1483-1520) – Une vie, une œuvre [2006]

Rien ne veut rien dire · May 9, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Jean-Pierre Cuzin pose la question de départ : pourquoi Raphaël, longtemps tenu pour le plus grand des peintres, est-il aujourd'hui si difficile à voir ? Ses madones fascinaient en 1830 et laissent indifférent un regard formé à l'étrangeté de Piero della Francesca et absent du Musée imaginaire de Malraux. Le « goût du bonheur » que Focillon lui prêtait paraît loin de l'art moderne. Dominique Cordellier présente un fragment d'ange de l'autel de Città di Castello, peint à moins de vingt ans avec l'aîné Evangelista da Pian di Meleto : c'est le jeune homme qui fournit le dessin. On y voit déjà une inflexion douce et énergique, et un idéal qui sacrifie l'expression avant de l'intégrer. Cuzin retrace la formation à Urbino auprès d'un père peintre, puis chez le Pérugin, avec Signorelli et Pinturicchio. Cordellier explique la technique du spolvero à partir du dessin piqué d'une Annonciation de prédelle, avec sa colonne à la Piero, un ange « patineur » et un paysage tracé en cinquante traits de plume.

À Florence en 1504, la rencontre de Léonard, de Michel-Ange, de Masaccio et de Fra Bartolomeo est une révolution picturale. Cordellier commente le petit Saint Michel devant un enfer dantesque nourri de Schongauer et de Dürer, puis la genèse de la Déposition Borghèse : du Christ posé sur les genoux de la Vierge à un corps porté en tension, sur le modèle des sarcophages antiques. La Belle Jardinière lui inspire une peinture limpide, nourrie de Léonard, de la Madone de Bruges et de Memling, et une sprezzatura qui cache l'effort. Cordellier y voit une injustice du regard moderne, héritier des romantiques et habitué aux ruptures. Appelé à Rome par Jules II en 1508, Raphaël peint L'École d'Athènes, où Pancho Quilici voit une cosmogonie de rythmes et de perspective, et où l'Héraclite ajouté répond à la Sixtine. Cordellier admire des dessins à la plume, sans repentir possible, capables de faire pivoter mentalement une figure. Cuzin souligne le registre sombre de la Rencontre de Léon Ier et d'Attila, et Cordellier un modello où l'émotion passe du visage au corps entier.

Dans un extrait d'archive, Daniel Arasse raconte une heure devant la Madone Sixtine à Dresde. Il y voit la révélation du Dieu vivant qui déchire le voile, et dans les deux angelots les chérubins gardiens du secret, désormais dépossédés. Cuzin et Cordellier commentent le Castiglione, portrait d'une élégance discrète et familière, la lettre à Léon X sur la Rome antique, le Léon X saturé de rouges et le cadeau diplomatique de la Grande Sainte Famille à François Ier. Ils évoquent aussi un atelier d'une douzaine de peintres, Giulio Romano ou Giovanni da Udine, Raphaël ayant su « coloniser le talent d'autrui ». Christine Pellistrandi lit la Transfiguration comme un tableau qui ose placer au cœur de l'image le mal, l'enfant épileptique, sous la vision lumineuse du Christ, et voit Marie-Madeleine dans la figure du premier plan. L'émission se clôt sur le double portrait du Louvre, où la main tendue désigne un absent, peut-être la Fornarina, et sur la mort de Raphaël à trente-sept ans, la Transfiguration exposée près de son corps.

Excerpts

Jean-Pierre Cuzin sur la difficulté à voir Raphaël :

“on voit les images religieuses évidemment tout de suite a le le peintre des madones et ce qui fascinait en 1830 1840 aujourd'hui indiffère aujourd'hui on va regarder davantage piero della francesca [...] le musée imaginaire de malraux les sa part à pirou d'un francesca et rafael rafaj me n'y entre pas”

Dominique Cordellier sur la sprezzatura :

“l'art de raphaël dans un tableau comme celui là il va cultiver ça jusqu'à la fin de sa vie c'est un art ses contemporains disait de la sprezzatura c'est à dire non pas de la désinvolture au sens moderne mais de l'art de cacher là ce qu'il y a 2 suprêmement habile c'est ne pas faire sentir l'effort”

Daniel Arasse sur la Madone Sixtine :

“la veine sixtine présente très exactement le mandat de la révélation du dieu vivant c'est à dire que c'est un tableau qui montre le dieu brisant le voile les angloys le dieu s'exposant et cette profondeur delà du dieu s'exposant un enfant est bien ce qui rend le tableau pour moi bouleversant”