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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Leroy, Claude & Cendrars, Miriam & Derouet, Christian & Temple, Frédéric Jacques

Leroy, Claude & Cendrars, Miriam & Derouet, Christian & Temple, Frédéric Jacques

Leroy, Claude: universitaire, spécialiste de Cendrars

Cendrars, Miriam: fille de l'écrivain, biographe

Derouet, Christian: historien de l'art, spécialiste de Fernand Léger

Temple, Frédéric Jacques: poète et écrivain

Des archives de l'INA font entendre Cendrars lui-même, Sonia Delaunay, Henry Miller interrogé après la mort de Cendrars, et un écrivain suisse non nommé qui l'a fréquenté à partir de 1926 au Tremblay-sur-Mauldre. Des extraits de la Prose du Transsibérien, de La Main coupée, de Bourlinguer et d'autres textes sont lus par des comédiens.

BLAISE CENDRARS (1887-1961) – Une vie, une œuvre [1995]

Rien ne veut rien dire · Apr 11, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Un témoin d'archive décrit un personnage « pittoresque » au plein sens du mot, une tête de vieux pirate qui a eu des aventures extraordinaires mais en a raconté bien plus qu'il n'en a vécu, par une mythomanie à laquelle il croyait le premier. Il rapporte l'anecdote du bras artificiel offert par Barrès et laissé à la consigne de la gare Saint-Lazare. Claude Leroy récuse l'image d'un aventurier qui écrirait « au retour » sans souci d'écriture : Cendrars est un écrivain du double fond qui met en scène le « mythe du poète voyageur » en invitant le lecteur à ne pas le prendre au pied de la lettre. Il retrace l'itinéraire de Frédéric Sauser, Suisse envoyé jeune en apprentissage d'horlogerie en Russie, puis à New York. C'est là, la nuit de Pâques 1912, qu'il écrit Les Pâques à New York et se donne un nom, Blaise (braise) Cendrars (cendres, ars), « fils de ses propres œuvres ». Sonia Delaunay raconte la Prose du Transsibérien, livre de deux mètres de long. Christian Derouet évoque le Montparnasse des étrangers, la Ruche et l'amitié durable avec Fernand Léger.

Leroy analyse la seconde naissance. Suisse engagé volontaire dans la Légion étrangère, Cendrars perd le bras droit, son bras d'écrivain, en Champagne en septembre 1915. Il ne décrit jamais le moment de la blessure, même dans La Main coupée, écrite pendant la Seconde Guerre mondiale, mais évoque le membre fantôme comme un « éventail de bras ». À l'été 1917, à Méréville, il découvre « l'homme de la main gauche », un autre lui-même. Il rencontre Raymone et donne congé à la poésie et aux milieux littéraires, Dada puis le surréalisme, pour le cinéma et une aventure solitaire. Derouet montre comment, dans La Rose rouge en 1919, Cendrars proclame la mort du cubisme hormis Picasso, Braque et Léger. Le témoin d'archive raconte ses colères, l'enveloppe de billets jetée sur le trottoir, l'Alfa Romeo conduite d'une main à 80 à l'heure, et son visage « pascalien » sur son lit de mort. Il défend la vérité de la légende : avoir écrit la Prose du Transsibérien vaut mieux que d'avoir pris le train.

Miriam Cendrars raconte un père absent et mythique, dont elle inventait les aventures pour les enfants d'un village italien, puis leur première rencontre quand elle avait quinze ans. Elle se souvient d'un regard qui mettait à nu, devant lequel on ne pouvait pas mentir sur soi. Frédéric Jacques Temple raconte sa visite de 1947 à Villefranche : la chemise blanche prêtée dont la manche droite contenait pour la première fois un bras, et les récits invérifiables comme le tapir avalé par un anaconda. Il fait entendre Henry Miller, pour qui Cendrars était l'écrivain vivant qu'il admirait le plus. Leroy souligne que cet « archiviste suisse » composait sur des décennies (Moravagine, La Tour Eiffel sidérale), loin de l'improvisation, en œuvres ouvertes proches des grands rhétoriqueurs ou de l'Oulipo. Les mémoires de la tétralogie sont à lire selon leurs règles de transposition plutôt que comme des mensonges. Temple conclut sur le poème « Quand tu aimes il faut partir », programme que Cendrars seul aurait accompli à la lettre.

Excerpts

Un témoin d'archive sur la vérité de la légende :

“on a beaucoup dit que le Transsibérien il l'avait vu à la gare de Saint-Pétersbourg et qui n'y était jamais entré dedans c'est très possible c'est très possible et ça n'a absolument aucune importance parce que avoir écrit La Prose du Transsibérien ça vaut 1000 fois mieux que d'avoir pris le Transsibérien”

Claude Leroy sur l'écrivain du double fond :

“c'est un écrivain qui s'est fasciné pour pour le secret des choses pour le double fond pour donc le renversement des apparences en vérité plus secrètes et c'est quelqu'un qui ne se livre pas immédiatement [...] ne me prenez pas trop [au] sérieux enfin trop au pied de la lettre en tout cas lisez mieux venez me chercher”

Frédéric Jacques Temple sur sa première visite à Villefranche :

“j'ai revêtu sa chemise une chemise blanche je me souviens et là il est il m'a regardé d'une curieuse façon et je me demandais pourquoi j'étais un peu gêné et j'ai compris que c'était parce que pour la première fois dans la manche droite de cette chemise il y avait un bras”