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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Lessay, Franck & Dilas-Rocherieux, Yolène & Abensour, Miguel

Lessay, Franck & Dilas-Rocherieux, Yolène & Abensour, Miguel

Lessay, Franck: professeur à l'Université Sorbonne-Paris III, spécialiste de la pensée politique anglaise

Dilas-Rocherieux, Yolène: maîtresse de conférences en sociologie politique à Nanterre, autrice de L'Utopie ou la mémoire du futur. De Thomas More à Lénine

Abensour, Miguel: professeur de philosophie politique

La productrice, dont le nom est mal restitué (Cécile Ligneureux ?), interroge les invités ; une autre intervenante, prénommée Isabelle (nom incertain), parle de la religion et du droit chez More. Des extraits de l'Utopie et d'une lettre d'Érasme sont lus.

THOMAS MORE (vers 1477-1535) – Une vie, une œuvre [2006]

Rien ne veut rien dire · May 11, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Après une biographie, page chez Morton, Oxford, le droit, le conseil du roi, la défense de l'Église contre Luther et la décapitation de 1535 pour avoir refusé de reconnaître le mariage d'Henri VIII avec Anne Boleyn, l'émission pose l'énigme de l'Utopie, revendiquée à la fois par les marxistes et par les chrétiens. Yolène Dilas-Rocherieux voit en More l'inventeur d'un genre : non plus le discours socratique de Platon, mais une société fictive décrite en détail, reflet positif d'une société réelle négative, qui permet de critiquer en contournant la censure. Elle décrit un homme d'ordre et d'Église qui porte le cilice, mais étonnamment moderne, notamment dans l'éducation égale de ses filles et de ses fils. Elle refuse d'en faire un marxiste, même si son nom figure sur le monument moscovite aux précurseurs du communisme. Les communistes retiennent la critique des enclosures et une île sans propriété ni monnaie, où l'on travaille six heures. Le fil qui relie More, Campanella, Babeuf et Lénine, jusqu'à l'or réservé aux pots de chambre, est l'idée que l'enrichissement individuel est le mal suprême. Elle récuse aussi l'utilitarisme et le totalitarisme : une société qui supprime les passions et le désir, mais sans terreur, plus proche du monastère.

Franck Lessay insiste sur l'ironie et le jeu d'esprit, qu'Érasme décrit comme le délice de More. Il montre pourtant le côté oppressif de l'île : maisons sans verrous, aucune séparation entre privé et public, bonheur obligatoire, déviance traitée en pathologie. Il relève aussi une loi intériorisée, l'absence d'avocats et une perfectibilité inscrite dans les institutions. Le livre I dénonce les princes belliqueux, les conseillers oisifs et la cupidité, mais Lessay ne croit pas que More, chancelier et futur martyr, ait prôné l'abolition de la propriété. La liberté religieuse de l'île tend vers un christianisme naturel. L'euthanasie, les guerres menées par la ruse et les mercenaires, l'esclavage et l'examen des fiancés nus montrent une république loin d'être parfaite : « qui veut faire l'ange fait la bête ». L'intervenante prénommée Isabelle replace More dans les débats de son temps : l'immunité des clercs, la poursuite des hérétiques, une distinction entre la personne du pape et la fonction, sans doute une sensibilité conciliariste, et le refus du principe de l'Écriture seule.

Miguel Abensour défend une lecture qui croise doctrine et écriture. L'utopie n'est pas un modèle, mais une « utopie négative » qui introduit de la négativité dans ce qui va de soi et fait apparaître des possibles que l'effet de réel dissimule. More aurait inscrit dans l'île même la persistance de l'esprit utopique. Abensour s'appuie sur Leo Strauss et l'art d'écrire entre les lignes : le triple sens du titre (nusquama, eutopia), Raphaël Hythlodée, l'ange guérisseur et « conteur de sornettes », et un livre I écrit après coup qui donne au lecteur les lunettes pour lire le livre II. Il rapproche paradoxalement More de Machiavel, par la rhétorique et la ruse, et lit l'Utopie comme une voie entre les millénarismes de Savonarole ou de Müntzer et l'acceptation du réel. Deux principes en ressortent : que personne ne manque du nécessaire, et que l'homme n'est pas un loup pour l'homme. Lessay rappelle enfin qu'il a fallu attendre 1935 pour la canonisation, signe des ambiguïtés de l'œuvre, et que le chancelier a persécuté les protestants avec vigueur.

Excerpts

Yolène Dilas-Rocherieux sur le fil communiste :

“ce qui caractérise le communisme anciens ou modernes c'est l'idée unis dit l'idée forte c'est que le mal suprême tient dans l'enrichissement individuel voilà c'est cela qui est à la base du communiste [...] quand les communistes font leur lors leur histoire eh bien on va retrouver thomas sport campanella morelli babeuf”

Franck Lessay sur le bonheur obligatoire :

“il est normal dans une république parfaite 1 e république idéale de vouloir surveiller surveiller les gens de vouloir s'assurer que personne n'essaie pas d'être heureux en suivant ce en suivant ses propres voix le bonheur est obligatoire et selon les mêmes méthodes pour tout le monde”

Miguel Abensour sur l'utopie négative :

“ce qui est le plus important dans l'utopie ça n'est pas la proposition ou l'élaboration d'une solution positive qui serait destiné à se substituer aux différentes solutions qui constitue le fonctionnement normal d'une société mais à introduire de la négativité qui ruine d'une certaine manière ces solutions positives qui ont cours dans le monde présent”