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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Getz, Yasmine

Getz, Yasmine

maître de conférences à l'université de Lille III, critique de poésie

Écrire la poésie (3/5) : Le radeau de la muse

Rien ne veut rien dire · Dec 10, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; plusieurs vers sont brouillés et n'ont pas été cités)

Core ideas

Le poète a besoin d'être entendu. Munier part de la disparition de la muse inspiratrice dans la modernité (les Rimbaud, la muse devenue la femme inspiratrice ou mécène). Getz dit que les poètes ont moins besoin d'être inspirés que d'être entendus, en classe, à l'université, dans le métro ou à la radio : on se souvient de la poésie par ce qu'on y entend, comme le « tympanon » de Baudelaire (« Je te donne ces vers… ») qui fait résonner un nom dans l'oreille. Elle se définit comme critique de poésie plutôt que poète, et a écrit sur Du Bouchet, Michaux, Celan.

La muse, c'est la langue. Elle a publié un article intitulé « La muse qui est la langue » : le poète est voué à la langue, à ses connotations, au signifiant, il doit être grammairien parce qu'il met en forme des propositions ; l'inspiration vient de la langue et de la tradition. La muse n'est plus qu'allusive et parodique dans la poésie contemporaine (Tsvetaïeva, « Pas la muse, non pas la muse » ; le cheval rouge est l'émotion que le poète doit maîtriser pour monter vers l'azur). Un extrait de Claudel (Les Muses) évoque la mesure et le compas (« tu ne chanteras pas bien ton champ si tu ne chantes en mesure ») ; Getz retient le couple de l'emportement et de la mesure, « la petite pression de la main pour gouverner », et cite Tsvetaïeva : un poète a un don égal pour l'âme et pour le verbe, sans quoi il n'est ni poète qui n'écrit pas, ni poète qui ne sent pas.

Colère, Michaux et Celan. Michaux incarne la colère et la révolte (le poème « Contre », lu), qu'il frappe dans la langue même (« Le grand combat »). Celan, juif germanophone qui écrit dans la « langue des bourreaux » (la Mutter­sprache), fait un travail de langue semblable : sa muse est la Sulamith des cheveux de cendre (« la mort est un maître venu d'Allemagne » ; « Margarete », « Sulamith » dans « Todesfuge »), le silence cuit comme de l'or dans des mains carbonisées. Elle explique le Méridien (la poésie comme « parole d'un seul ayant pris figure », figure à la fois trope et visage), l'hermétisme de la poésie contemporaine, qui est un « arrêt dans la langue » où le poème fait obstacle, et la façon dont le poème dit la vérité (Primo Levi, qui reprochait l'obscurité à Celan, Mandelstam, Du Bouchet : « relisez mes vers »). Le poète est aussi celui qui prête attention au monde, lequel ne s'offre que dans des formes de langue.

Excerpts

“« la muse qui est la langue »”

“« les poètes ont moins besoin d'être inspiré que d'être entendu »”

“« un poète c'est quelqu'un qui a un don égal pour l'âme et pour le verbe »”