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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Schefer, Olivier & Cohn, Danielle & Tiberghien, Gilles & Lebensztejn, Jean-Claude & Billon, Marc

Schefer, Olivier & Cohn, Danielle & Tiberghien, Gilles & Lebensztejn, Jean-Claude & Billon, Marc

Schefer, Olivier: philosophe, traducteur du Brouillon général

Cohn, Danielle: philosophe, spécialiste de l'esthétique romantique et de Goethe

Tiberghien, Gilles: philosophe, spécialiste du romantisme d'Iéna et du land art

Lebensztejn, Jean-Claude: historien de l'art

Billon, Marc: compositeur

Des fragments du Brouillon général, des lettres et des textes de Novalis, de Schlegel et de Goethe sont lus par des comédiens ; une composition de Marc Billon inspirée du Brouillon général est diffusée.

NOVALIS (1772-1801) – Une vie, une œuvre [2001]

Rien ne veut rien dire · Jul 6, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

L'émission veut dépasser l'image du jeune poète angélique de la « fleur bleue », transfiguré par la mort de sa fiancée Sophie von Kühn, au profit d'un Novalis penseur pour qui poésie et philosophie sont inséparables. Olivier Schefer, qui vient de traduire le Brouillon général, rappelle que c'est après la mort de Sophie que Friedrich von Hardenberg se plonge dans la philosophie, la politique et la géologie. Élève de l'École des mines de Freiberg de 1797 à 1799, il inspecte des mines et ramasse des cailloux à quatre heures du matin. Selon Schefer, ce n'est pas une contrainte professionnelle en marge de l'œuvre mais le désir singulier de penser ensemble les fondations les plus abstraites et la réalité la plus ordinaire. Le pseudonyme de Novalis, adopté en 1798, renvoie d'ailleurs au latin novalis, la terre que l'on défriche.

Danielle Cohn situe Novalis face à Goethe, la statue vivante avec laquelle et contre laquelle écrivent tous les romantiques. Henri d'Ofterdingen veut être un anti-Wilhelm Meister, un roman de formation entièrement poétique, quand les romantiques reprochent à Goethe d'avoir trahi la poésie au profit de la prose. Elle montre deux naturalistes qui s'opposent sur le regard : l'œil physique de Goethe, l'œil intérieur de Novalis, accusé de ne voir dans la nature qu'un miroir de lui-même, comme Werther. Elle voit pourtant dans le romantisme un « régime du possible », de la contingence et du probable, plus moderne que le nécessaire goethéen. Gilles Tiberghien décrit le cercle d'Iéna et la revue Athenaeum des frères Schlegel, ses fragments collectifs non signés, voulus comme fragments et formant un « système de l'absence de système ». Il voit en Novalis le plus poète, le plus spéculatif et le plus attentif au quotidien du groupe. Il le rapproche aussi des artistes du land art comme Robert Smithson, pour qui le texte fait partie de l'œuvre.

Schefer présente le Brouillon général, écrit en 1798-1799 à raison d'une heure chaque matin : une encyclopédie en fragments où la philosophie renvoie à la médecine, la médecine à la poésie et à la musique, une combinatoire infinie héritée de Leibniz et de Lulle. La lecture de Fichte y fait du moi une activité sans fin et non une substance. Schefer y voit une pensée de l'infini qui tient les contraires ensemble au lieu de les réconcilier. Jean-Claude Lebensztejn commente la musicalité de la nature, les instruments éoliens et l'analyse combinatoire, ainsi que la totalité inachevée d'Henri d'Ofterdingen. Les intervenants soulignent enfin la place du corps, des notations physiologiques sans censure et de la maladie comme « état magique » et marque d'individualité, et un « idéalisme magique » où la volonté agit sur le réel, jusqu'au journal où Novalis tentait d'appeler sa propre mort.

Excerpts

Olivier Schefer sur l'unité de l'œuvre :

“ce qui est extraordinaire et ce qui est assez unique finalement dans le cas de laval c'est le désir de penser conjointement les fondations les plus abstraites et la réalité de la plus basse la plus vile la plus ordinaire ça c'est une constante de son oeuvre de réflexion”

Danielle Cohn sur le régime du possible :

“ce qui est très intéressant avec les romantiques [...] c'est qu'on peut entrer dans une conception complètement différente de l'oeuvre de la nature et de l'homme parce que c'est le régime du possible qui devient essentiel et non pas le régime du nécessaire et avec le régime du possible alors on à l'incertitude on à la contingence”

Olivier Schefer sur la philosophie du Brouillon général :

“il ya une volonté non pas de résoudre le contraire mais de les tenir ensemble en tant que ce sont des contraires”