Melman, Charles & Czermak, Marcel & Dupuis-Elbaz, Perla & Dupuy, René & Pignolet, Gabriel & Rey, Pierre & Lacan, Jacques
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre ; l'attribution de certains témoignages entre anciens analysants est incertaine.
Core ideas
Les témoins racontent leur rencontre avec Lacan : un premier contact téléphonique où il demande « pourquoi ? », une petite voix frêle, un homme pressé, impatient, toujours au bord de l'éclat. Pierre Rey et Perla Dupuis-Elbaz évoquent le séminaire suivi « sans rien comprendre » mais cloués et fascinés, et les présentations de malades à Sainte-Anne, où Lacan faisait preuve d'une présence et d'une sollicitude rares en psychiatrie. Un témoin résume Lacan d'un mot, la rigueur, et Gabriel Pignolet compare son écriture à une poésie, à la manière de Mallarmé, qu'il faut dire pour l'entendre.
Charles Melman expose les ressorts de l'œuvre. Lacan reprend le symptôme sexuel découvert par Freud, l'Œdipe compris non comme un fait familial ou culturel mais comme un obstacle de structure lié au langage. D'où la formule « il n'y a pas de rapport sexuel ». Le symptôme est organisé comme une parole et se lève en se déchiffrant, l'être parlant dépend du signifiant défini par Saussure, et l'humain, contrairement à l'animal, n'accède à la sexualité qu'en renonçant à l'objet aimé, la mère. On ne saurait donc définir une santé mentale, puisque c'est le symptôme qui organise notre rapport au monde. Marcel Czermak distingue le symptôme effet de structure et le « sinthome » du séminaire sur Joyce, bricolage qui permet à un sujet menacé de « tenir la route ». Melman présente le sujet barré, soutenu par une coupure, puis le nœud borroméen, et enfin la thèse selon laquelle le sujet est l'effet d'un discours et non son créateur. Il commente aussi la formule « la femme n'existe pas », qui désigne une place logique différente de celle de l'homme.
Czermak décrit une pratique déconcertante, voire jugée inconvenante : partir de l'incompréhension plutôt que de la connivence, chercher « de quel pied » part le patient lors des entretiens préliminaires. Il regrette que la psychiatrie hospitalière n'ait pas saisi l'occasion historique de son enseignement. Les témoins analysants racontent les séances courtes, coupées sur un mot ou par un bruit pour empêcher la rationalisation, que Melman justifie par la ponctuation qui donne son sens à un texte. Dupuis-Elbaz raconte le rêve d'une boule de cheveux décodé en « je veux » d'origine auvergnate. Selon Czermak, l'interprétation n'a pas à être comprise mais à faire des vagues, et elle peut même tuer quand elle est trop juste. Pignolet présente la psychanalyse comme une éthique plutôt qu'un traitement supplémentaire, attentive à l'écart entre la demande et le désir du malade et à la jouissance du corps. Melman prédit un grand avenir à la psychanalyse face aux solutions scientifiques au mal-être, qui produiront des symptômes sociaux comme la toxicomanie. Czermak rapproche le plus-de-jouir de la plus-value de Marx et de l'objet financier qui commande les gouvernements. On peut espérer sortir d'une analyse « un peu moins con », capable d'accepter l'altérité de l'autre.
Excerpts
Charles Melman sur le symptôme organisé comme une parole :
“lacan soulignait que toute l'oeuvre de freud est marqué par ce fait se soucie le symptôme est organisée par la parole est organisé comme une parole et c'est à le déchiffrer que le symptôme est susceptible d'être levée cette organisation du symptôme par la parole souligne ce que l'accord prendra c'est à dire que nous sommes tributaires dans notre rapport aux objets sont tributaires de cette dépendance à l'endroit du signifiant”
Marcel Czermak sur la pratique de Lacan :
“il installait la compréhension au principe de l'échangé il ne s'était pas du tout à cette idée qu'il y aurait de la communication donc c'était une pratique d'incompréhension [...] la formule que lacan donnait quand je reçois quelqu'un je ne suis pas là pour lui faire un court mais pour enregistrer de quel pied il part”
Charles Melman sur ce qu'on peut attendre d'une analyse :
“on peut espérer qu au sortir d'une analyse on est un peu moins con ça veut pas dire qu'on cesse d'être dupe et lacan souligner ce point ni qu'on s'estime dépositaire d'un savoir qui serait supérieur au bon sens ordinaire [...] par moins cons j'entends par là un sujet qui accepteraient qu'une femme ne soient pas faites comme madame autrement dit accepterait qu'elle soit autres”