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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Maulpoix, Jean-Michel

Maulpoix, Jean-Michel

poète, auteur d'Adieu aux poèmes et de Pas sur la neige

Écrire la poésie (1/5) : Un devoir à chercher

Rien ne veut rien dire · Dec 10, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance ; plusieurs formules sont déformées)

Core ideas

L'inspiration sans la muse. La série demande quel « devoir » incombe aujourd'hui à qui écrit de la poésie, alors que le poète n'est plus le lien entre les hommes et les dieux. Maulpoix dit que l'image antique (les dieux inspirent les muses, qui inspirent les poètes, qui inspirent leurs lecteurs, selon Éluard le poète « inspire plus qu'il n'est inspiré ») informe encore sur les liens en jeu : entre le sujet, son langage, le monde et les autres. L'inspiration subsiste mais sans figure : l'altérité, autrefois symbolisée par la muse, se situe à l'intérieur du sujet, qui éprouve à la fois soif et dépossession. Un extrait de l'Ion de Platon évoque le poète possédé, tel les corybantes ou les abeilles qui butinent aux jardins des muses ; Maulpoix, citant Valéry (« l'abeille et la maison »), parle d'un mouvement entre le dehors et le dedans, le « travail au noir » de Baudelaire (« À une heure du matin »).

De l'espoir au désenchantement : « un devoir à chercher ». Après le « sacre de l'écrivain » romantique (Bénichou) et le poète messianique de Hugo, la modernité (Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé : « il faut en rabattre ») rabat le poète vers le sol : « je suis rendu au sol avec un devoir à chercher et la réalité rugueuse à étreindre » (Rimbaud). Rien n'est donné en matière de devoir ; la poésie devient le lieu où se cherche un devoir vis-à-vis du langage (Quignard). Michaux, poète de la violence et de la négativité, écrit pourtant que le poète doit donner confiance et courage. La poésie engagée (Aragon, la Résistance) reste une question sensible (Péret, Le Déshonneur des poètes).

Prouesse, performance, lyrisme critique. Aragon explique son poème « Persienne » (répétition d'un mot jusqu'à ce qu'il perde tout sens, comme chez Dickens). Maulpoix défend une idée classique de la poésie comme prouesse vis-à-vis de la langue, un « touché de langue » comme celui du footballeur ou du violoniste, plutôt que la performance éphémère du happening. Il assigne des tâches possibles (par exemple une parole des paysages, un carnet de route) et se réclame d'un « lyrisme critique » : lyrisme n'est pas la « béance baveuse du moi » mais le chant porteur de réflexivité (le néologisme date des années 1820 ; Littré : style élevé, d'inspiration solennelle). Il lit un passage de Pas sur la neige où l'écriture est « un léger malaise de la langue et de la lumière ».

Excerpts

“« je suis rendu au sol avec un devoir a cherché »”

“« le poète doit donner confiance donner courage »”

“« il s'agit d'un lyrisme porteurs de réflexivité »”