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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Felgine, Odile

Felgine, Odile

biographe de Roger Caillois

Une Vie, une œuvre : Georges Bataille, la vérité de la nuit (1897-1962) [2012]

Rien ne veut rien dire · Jan 26, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ une heure ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Une œuvre de transgression et de malaise. Bataille voit sa philosophie comme la destruction en soi de l'habitude d'avoir un but, au profit du désordre de la pensée (la poésie, l'intensité). Ses récits (Histoire de l'œil, Madame Edwarda, Le Bleu du ciel) cultivent la « maigreur du récit », un style simple et explosif qui cherche le choc de lecture (« le malaise est la clé des plaisirs les plus grands »), une séduction par l'horreur : le curé de l'Histoire de l'œil, la messe noire, le renversement de toutes les polarités (l'obscène, le nauséabond lui confèrent une dignité). Pour Marmande et Louette, il faut tout voir, tout dire, ne rien éluder, reprenant Sade.

Une vie sombre et banale à la fois. Né en 1897 d'un père aveugle, paralytique et syphilitique, délirant, abandonné à Reims pendant la guerre, Bataille évoque une enfance de délaissement ; converti au catholicisme (1914, séminaire), puis plus vite « de l'église au bordel ». Il est conservateur à la Bibliothèque nationale (« conservateur chartiste » jusqu'à sa mort), courtois, d'une extrême politesse, gros buveur, mari de Sylvia, ami de Masson, de Lacan (qui épouse Sylvia). Il a gardé l'anonymat de l'Histoire de l'œil (anecdote de Pauvert). Pour le peintre Bruno Mathon, Bataille est une ombre gigantesque, un nuage toxique qui asphyxie.

Politique, sacré, souveraineté. Après la rupture avec le surréalisme (la revue Documents, « idéalisme » de Breton), Bataille fonde Contre-Attaque puis Acéphale (1936) : une revue et une société secrète (forêt de Marly, arbre foudroyé, projet d'un sacrifice humain où il s'offre lui-même), contre l'hydre du christianisme, du socialisme stalinien et du fascisme (il est le premier à penser la structure psychologique du fascisme). Une politique sans chef, la souveraineté comme perte de contrôle. La préhistoire (Lascaux), les Aztèques, le soleil (la dépense) nourrissent sa réflexion sur le sacrifice, la honte, la transgression ; le non-savoir rejoint le zen. Il meurt en 1962 en souhaitant donner pour titre à son ensemble Le Pur Bonheur : « l'érotisme, c'est l'approbation de la vie jusque dans la mort ».

Excerpts

“« le principal but que l'on puisse avoir est de détruire en soi l'habitude d'avoir un but »”

“« le malaise est la clé des plaisirs les plus grands »”

“« l'érotisme c'est l'approbation de la vie jusque dans la mort »”