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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Chevallier, Philippe

Chevallier, Philippe

philosophe, travaille à la Bibliothèque nationale de France, auteur d'un livre sur Kierkegaard, François Bourin, 2011

Devenir soi avec Kierkegaard (2/4) : Le mari et le juge

Rien ne veut rien dire · Mar 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec des noms déformés, « Kierkegaard » écrit sous plusieurs formes)

Core ideas

Le choix du choix. Chevallier lit la lettre du juge Wilhelm à son ami, dans Ou bien… ou bien, et explique que le choix éthique n'est pas encore un choix entre le bien et le mal, mais le choix de mettre toute sa vie sous la détermination du choix, de sortir de l'indifférence où la vie « coule » comme un fleuve. Pour lui, les stades (esthétique, éthique, religieux) ne s'imbriquent pas : le passage de l'un à l'autre est un saut, comparé à un sacrement qui marque à jamais. La délibération sans fin, illustrée par le conte des sirènes et l'exemple du jeune homme qui lit tout sur la prêtrise sans devenir pasteur, est un faux choix, une forme de mauvaise foi (Sartre, Pascal : « nous sommes embarqués »).

Se choisir soi-même. Choisir, c'est s'assumer avec toute l'histoire multiple, obscure et douloureuse qui nous compose, être « empêtré dans des histoires » (Schapp), plutôt que de se libérer de tout. Le courage de ce choix s'illustre dans la lecture d'un extrait de Bergman où Marianne dit n'avoir jamais demandé ce qu'elle voulait mais ce que les autres voulaient. Chevallier distingue Kierkegaard de la lecture existentialiste du « libre arbitre » et de la psychanalyse : le soi n'est pas une vérité enfouie à retrouver mais « la force de se choisir », un pli de l'existence sur elle-même.

Le mari, le premier amour et le devoir. La figure de la sphère éthique est le mari : Kierkegaard, qui a rompu ses fiançailles avec Régine Olsen au milieu de la rédaction, fait défendre par un pseudonyme un mariage où le devoir n'est pas un carcan extérieur mais déjà contenu dans le premier amour, qu'il faut donc « épouser » pour le tourner vers l'avenir. L'amour (Éros) est la force qui permet de lutter contre le temps, d'où un héroïsme conjugal plus grand que celui du chevalier ; la différence entre posséder et acquérir la possession, à recommencer chaque matin, résume l'histoire intérieure du mari. L'animateur observe que l'épouse reste secondaire et que le choix porte d'abord sur soi, ce que Chevallier concède, tout en refusant de plaquer sur Kierkegaard une pensée de l'altérité.

Excerpts

“« l'esthétique n'est pas le mal l'esthétique c'est l'indifférence »”

“« le soi n est finalement que la force de se choisir »”

“« il faut épouser son premier amour »”