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Glaudes, Pierre & Sarrazin, Bernard & Weber-Caflisch, Antoinette & Polet, Jean-Claude & Griffiths, Richard & Falicka, Krystyna & Goitein-Galpérine, Denise

Glaudes, Pierre: universitaire, Université de Grenoble, éditeur du journal inédit de Bloy

Sarrazin, Bernard: universitaire, Paris

Weber-Caflisch, Antoinette: universitaire, Université de Genève

Polet, Jean-Claude: universitaire, Université de Namur

Griffiths, Richard: universitaire, King's College de Londres

Falicka, Krystyna: universitaire, Université de Lublin

Goitein-Galpérine, Denise: universitaire, spécialiste de Bernard Lazare

Des textes de Bloy (lettres, Le Désespéré, La Femme pauvre, journal) sont lus par un comédien ; les noms des intervenants sont restitués d'après le générique, mal transcrit.

Une vie, une œuvre : Léon Bloy (1846-1917)

Rien ne veut rien dire · Jul 20, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Bernard Sarrazin résume la « fable théologique » que Bloy a bâtie de bric et de broc à partir de la Bible : Dieu donne son Fils par miséricorde, l'humanité le refuse, et il ne reste qu'à attendre une Justice imprévisible. Bloy imagine même un antagonisme au sein de la Trinité, avec un Saint-Esprit qui ressemble à la Vierge, en un jeu quasi blasphématoire que Sarrazin rapproche des gnostiques et de Joachim de Flore. Après avoir été tenté de psychanalyser cet homme « fatigant » à force de tension, Sarrazin a choisi d'entrer chez Bloy par la rhétorique et le rire. L'exégèse des lieux communs et la « farce métaphysique » le rapprochent de Joyce et de Kafka. C'est ce qui explique selon lui le regain d'intérêt des jeunes chercheurs pour un auteur longtemps classé parmi les pamphlétaires catholiques réactionnaires.

Pierre Glaudes défait ces lieux communs. Le jeune Bloy fréquente d'abord des milieux blanquistes avant que Barbey d'Aurevilly, rencontré par hasard rue Rousselet, ne le forme aux traditionalistes, de Maistre et Donoso Cortés. Sa liaison mystique et charnelle avec Anne-Marie Roulé, prostituée qu'il veut convertir, fait éclater cette pensée étroite ; l'internement de la jeune femme marque son entrée en littérature. Son passage au Chat Noir, parmi les « fumistes » qui retournent les valeurs bourgeoises, en fait un des premiers lecteurs de Lautréamont. Le Désespéré (1887), où Bloy insulte toutes les gloires littéraires, provoque une « conspiration du silence ». En éditant le journal inédit, Glaudes montre que le journal publié est une réécriture où Bloy compose sa légende. Il le situe dans une « esthétique de la cruauté » qui va de Flaubert et Villiers à Artaud et Bataille. Les Histoires désobligeantes se lisent à trois niveaux : témoignage, canular et lecture spirituelle où le diable s'en mêle.

Les autres intervenants éclairent d'autres faces de Bloy. Krystyna Falicka parle d'un homme né triste, violent, incapable d'accepter la femme dans sa vie. Richard Griffiths le range parmi les « exaspérés » de la fin du siècle, convertis qui, comme Huysmans, allaient à rebours de l'Église de leur temps. Denise Goitein-Galpérine raconte la rencontre par écrit avec Bernard Lazare, qui comprend dans Le Salut par les Juifs une même vénération du pauvre. Sarrazin analyse le « chantage à la charité » d'un mendiant sans gratitude, comparable au mendiant sacré de la tradition yiddish. Antoinette Weber-Caflisch, malgré les injures de Bloy contre les Genevois, voit en lui un écrivain qui aide à comprendre le mal comme puissance spirituelle, et rapproche son rendu physiologique de la souffrance du cri de Munch. Jean-Claude Polet lit La Femme pauvre comme un purgatoire allégorique et rapproche la plainte de Bloy sur l'argent de sa plainte sur le verbe. Sarrazin conclut que Bloy, passé du refus du monde à une attente plus sereine, a découvert l'espérance dans la littérature.

Excerpts

Léon Bloy, lettre à Octave Mirbeau (1897) :

“je suis entré dans la vie littéraire à 38 ans après une jeunesse effrayante et à la suite d'une catastrophe indicible kim avait précipité d'une existence exclusivement contemplative je suis entré comme un élu disgracié entrerait dans un enfer de boue et de ténèbres [...] comment se pourrait-il que mes tentatives littéraire us était autre chose que des sanglots ou des hurlements”

Bernard Sarrazin sur la « rigolade » de Bloy :

“de loi n'entre pas par ma propre m'apporte la religieuse il y entre par la rhétorique et il y rentre aussi par le tout l'aspect de rire jeu avec les clichés particulier l'exégèse des lieux communs [...] on arrive à une sorte de farce métaphysique alors la très moderne qui tire blois vers le 20e siècle et qui en fait quelqu'un qui ressemble à joyce qui fait penser à kafka”

Pierre Glaudes sur le journal réécrit :

“on s'aperçoit que blois a d'abord écrit au jour le jour ce journal qui resté inédit et a procédé ensuite et c'est ça qui est passionnant à un travail de réécriture et cette réécriture a consisté pour lui surtout à camper véritablement un personnage et à se re présenter sous un jour peut-être pour la postérité mais un jour qui n'est qui est une illusion fans qui est plein d'artifices”