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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Moure, José

Moure, José

professeur d'études cinématographiques à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, co-directeur avec Daniel Banda de Le cinéma, naissance d'un art et Le cinéma, l'art d'une civilisation, Flammarion ; « Moore » ou « Mujica » dans les sous-titres

Silence ! (2/4) : Quand le cinéma donne la parole au silence

Rien ne veut rien dire · Mar 12, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Le silence naît avec le parlant. Pour Moure, le cinéma muet « n'était pas silencieux » (bonimenteurs, orchestres, bruiteurs) : le silence ne devient audible qu'avec le parlant, comme l'ombre n'existe que par la lumière. Dans Le Chanteur de jazz (1927), le silence est d'abord un événement (le père entre, le fils interrompt le piano) et une ponctuation vers la musique ; il « apprend à regarder » et inquiète le visible, comme en 1896 le malaise physique de Gorki devant des images en mouvement sans bruit. La musique de film couvre le bruit de la salle et rassure, et beaucoup de films contemporains ont peur du silence, qu'ils bouchent par des nappes musicales, car le silence introduit de l'hétérogène.

Le silence comme peur, comme rythme, comme matière sensible. Dans La Féline de Jacques Tourneur (1942), la peur naît de l'arrêt du bruit des pas, puis du bus qui sonne comme un feulement ; Hitchcock (Les Oiseaux, Marnie) l'emploie comme anomalie ; chez Godard (Le Petit Soldat, Pierrot le fou), le son d'ambiance coupé crée un effet de distanciation et un rythme musical, des « morceaux de silence » dans les dialogues, comme chez Bergman, Tati, Bresson, quand Hawks, lui, rythme par l'absence de silence. Moure distingue le silence technique (micros fermés, ce que l'émission teste à l'antenne : le secours s'enclenche après dix secondes) et le silence sonore du monde représenté (la forêt est pleine de bruits) ; chez Albert Serra (Honor de cavalleria), Carlos Reygadas, Lisandro Alonso, Gus Van Sant, le silence sert une expérience sensible du monde, détachée de la narration.

Fondane et Chaplin. Le texte de Benjamin Fondane (« Du muet au parlant », 1930) rêve d'un film sonore dont le caractère fondamental serait le silence, avec du volume plutôt que de la surface ; Chaplin a tardé (Les Lumières de la ville 1931, Les Temps modernes 1936, Le Dictateur 1940) parce que « l'essence du cinéma est le silence », avant d'accepter le parlant par un discours de paix. Moure conclut que le rapport écologique au monde du cinéma contemporain passe par une réévaluation du silence.

Excerpts

“« le cinéma était muet mais il n'était pas silencieux »”

“« le silence permet de mieux voir le silence permet aussi de mieux écouter »”

“« le silence est aussi une expérience une espace sonore »”