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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Cléro, Jean-Pierre

Cléro, Jean-Pierre

philosophe, université de Rouen, auteur de Pascal, figure de l'imagination ; « Cléroux » dans les sous-titres

Les Pensées de Pascal (2/5) : L’imagination

Rien ne veut rien dire · Jan 26, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

La maîtresse d'erreur, ni faculté ni ennemie de la raison. Cléro commente la pensée « Imagination : cette maîtresse d'erreur et de fausseté, d'autant plus fourbe qu'elle ne l'est pas toujours » : si elle était toujours fausse, elle serait une règle de vérité à l'envers, mais elle marque du même caractère le vrai et le faux, même chez les plus sages. Il préfère parler de « puissance » que de faculté, car l'imagination est dynamique et vive, le pouvoir de donner existence à ce qui n'existe pas ; raison et imagination ne sont pas opposées : la raison est comme une imagination qui se retourne contre elle-même et se doute d'elle-même, issue d'ailleurs du même fonds. Pascal attribue à l'imagination ce que Descartes attribue à la raison, et la raison « a beau crier » : elle ne peut mettre le prix aux choses. Le vrai n'est jamais évident : on ne l'obtient que de façon indirecte, par la critique du faux et par la fiction.

Pouvoir, apparat et simulacres. L'imagination fonde le respect : le magistrat, le prédicateur et les médecins avec leurs robes, bonnets et hermines, sciences « imaginaires » qui ont besoin d'instruments pour frapper l'imagination (les gens de guerre, eux, se tiennent par la force) ; le pouvoir repose sur la représentation du pouvoir, ce que montre l'histoire du naufragé pris pour le roi dans les Trois discours sur la condition des grands. Il faut « faire croire qu'il y a de la puissance » et les ressorts qui l'établissent peuvent la défaire (le tyran sans apparat). Cléro compare avec le relativisme de Galilée : Pascal admire Galilée contre le pape mais considère qu'aucun point de vue ne stabilise tous les autres.

Le divertissement, le vertige et le corps. L'imagination nous fait nous prendre pour centre et nous projeter où nous ne sommes pas, ce qui nourrit le divertissement : on sait qu'on va mourir mais on n'y croit pas (« la mort n'est pas un syllogisme »), comme Ivan Ilitch qui ne veut pas savoir ce qu'il a. L'anecdote du philosophe sur la planche, reprise de saint Thomas (Avicenne) et de Montaigne par Pascal, montre que la raison ne peut rien contre la peur du vide : le corps l'emporte, et la démonstration seule ne persuade pas, car « nous sommes corps autant qu'esprit ». Cléro cite aussi Baudelaire (« Le Gouffre ») et les deux infinis, l'infini du mathématicien étant un infini de méthode.

Excerpts

“« raison et imagination comme vous disiez très bien ne sont pas opposés ce sont exactement les mêmes choses »”

“« il faut faire croire qu'il ya de la puissance »”

“« la mort n'est pas un syllogisme »”