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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Moravia, Alberto & de Ceccatty, René & Betti, Laura & Gardair, Jean-Michel

Moravia, Alberto & de Ceccatty, René & Betti, Laura & Gardair, Jean-Michel

Moravia, Alberto: écrivain, ami de Pasolini

de Ceccatty, René: écrivain, traducteur de Pasolini

Betti, Laura: actrice, amie de Pasolini

Gardair, Jean-Michel: critique et traducteur

Des poèmes de Pasolini (« Une vitalité désespérée », Les Cendres de Gramsci, « Le pianto della scavatrice », poèmes frioulans) sont lus en français, notamment par Pierre Clémenti, et parfois en italien. On entend aussi un court entretien d'archive de Pasolini sur la poésie et des chansons sur ses textes. Les autres noms du générique (Jean-Louis Boissonade, Claude Giovanetti) ne sont pas identifiables à coup sûr.

PIER PAOLO PASOLINI (1922-1975), une vitalité désespérée – Une vie, une œuvre [1990]

Rien ne veut rien dire · Feb 15, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne, passages en italien mal restitués.

Core ideas

Le documentaire s'ouvre sur l'autoportrait en vers de « Une vitalité désespérée » : un homme né à Bologne en 1922, un père mort en 1959, une mère encore vivante et un frère, Guido, partisan tué par d'autres partisans communistes. Dans une archive, Pasolini doute qu'une vraie poésie reste possible dans une civilisation industrielle et décrit un rapport « désespéré » au réel. Alberto Moravia, son ami « presque frère », compagnon de voyages en Inde et en Afrique et voisin à Sabaudia, le tient pour le plus grand poète italien de la seconde moitié du siècle après Montale. C'est selon lui un poète à la fois « actuel et antique », qui renouvelle la tercine de Dante et pleure l'Italie au lieu de la glorifier comme Carducci ou D'Annunzio. Moravia marque pourtant leur désaccord. Pasolini voyait le mal italien dans l'industrialisation et la société de consommation, alors que Moravia l'attribue à une civilisation paysanne décomposée (mafia, enlèvements, criminalité). Il reprend l'idée d'« anthropologie nostalgique » prêtée à Calvino et parle d'un poète décadent, sensuel et narcissique. Pasolini aurait rêvé d'un sous-prolétariat sauveur, comme celui qui entourait Jésus, avant d'être désillusionné par le « boom » économique.

René de Ceccatty explique que l'Italie a fait de Pasolini le poète emblématique du XXe siècle, à côté de Dante, de l'Arioste et de Leopardi, mais qu'en France on connaît surtout le cinéaste. Il souligne la nouveauté stylistique des romans romains (Ragazzi di vita, Una vita violenta) et la figure du « poète civil », intervenant sans cesse et capable de parler d'homosexualité à des amphithéâtres pleins. Il préfère toutefois l'intimité des premiers textes (Amado mio, Actes impurs) à ces romans un peu théâtraux, et voit le passage au cinéma (Accattone, Mamma Roma) comme le besoin de faire des corps et des paysages une langue. Laura Betti raconte leur rencontre dans le Rome « dense » des années 1960 : un homme timide et moraliste qu'elle faisait rire. Jean-Michel Gardair évoque un homme glacé mais disponible, ignorant la technique au début de sa carrière de cinéaste. Il rappelle le rôle de Contini et de l'historien d'art Roberto Longhi, auprès de qui Pasolini avait pensé écrire une thèse sur Pontormo, et dont le maniérisme imprègne La Ricotta.

Ceccatty montre que la poésie de Pasolini naît du frioulan parlé de ses élèves à Casarsa, opposé au frioulan académique, avant que l'italien lui permette d'élargir son propos au politique et à l'art, comme dans les poèmes sur les fresques de Piero della Francesca. Son problème constant, d'enseignant comme d'artiste, était de « rendre la poésie à ceux qui en sont porteurs ». Les intervenants racontent la fuite à Rome en 1950 avec sa mère, après une dénonciation par un curé et l'exclusion du parti, la découverte des borgate, à la fois misère dénoncée et « Eldorado » sexuel et païen, et la fidélité paradoxale au communisme. Ceccatty rappelle que Guido a été tué par des communistes favorables au rattachement du Frioul à la Yougoslavie, et pense que toute l'œuvre est une manière de racheter cette mort, à côté d'un christianisme proche de Jean XXIII. Pasolini voulait que L'Évangile selon saint Matthieu passe dans les cinémas paroissiaux. Ceccatty juge son refus final « trop radical » : il était moins incompris qu'il ne le disait mais ne voulait appartenir à aucune communauté gagnante. Laura Betti conclut sur un homme persécuté jusqu'au bout, qui ne résistait que par amour de la vie.

Excerpts

Alberto Moravia sur son désaccord avec Pasolini :

“Pasoliniolini pensait que le mot du venait du fait de l'industrialisation et de la civilisation de consommation. Moi, je pensais le contraire que l'Italie n'était pas assez industrialisée. Les mots d'Italie viennent d'une civilisation paysane en corrompue, dégradé désormais stérile.”

René de Ceccatty sur le passage au cinéma :

“on sentait que il avait une frustration dans la traduction en mots de la réalité qu'il percevait. il y avait quelque chose qui chez lui était insuffisant et c'est pour ça qu'il s'est intéressé au cinéma où il pouvait utiliser des corps, il pouvait utiliser un paysage en tant que élément d'une langue.”

Laura Betti sur la résistance de Pasolini :

“il vivait des journées n'importe comment d'une beauté absolue parce qu'il aimait tellement la vie que de toute manière une journée était toujours une journée, je ne dis pas de bonheur mais des d'une expérience un but jusqu'à la fin et donc il résistait contre tout”