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Godin, André & Margolin, Jean-Claude & Massaut, Jean-Pierre

Godin, André: historien, spécialiste d'Érasme

Margolin, Jean-Claude: historien de l'humanisme, spécialiste d'Érasme

Massaut, Jean-Pierre: historien du christianisme de la Renaissance

Gérard Gromer interroge les invités ; des textes d'Érasme (lettres, Colloques, De civilitate, Institution du prince chrétien) sont lus par Blandine Molinier et d'autres comédiens.

ÉRASME (vers 1467-1536) : Portrait d'un intellectuel – Une vie, une œuvre [1989]

Rien ne veut rien dire · May 7, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

André Godin relie la vie et l'œuvre d'Érasme : un enfant illégitime, sans doute fils de prêtre, qui entretient un rideau de fumée sur sa naissance. Il voit un triple choc affectif dans la naissance, la mort de ses parents et l'entrée forcée chez les chanoines augustins de Steyn, avant des études décevantes à la Sorbonne qui enracinent son rejet de la scolastique. Ce n'est qu'au-delà de la trentaine, précepteur de Lord Mountjoy, qu'il s'épanouit en Angleterre auprès de Colet et de Thomas More. Godin montre un humaniste sans attache institutionnelle, dépendant du mécénat. En Italie, chez Alde Manuce, il enrichit les Adages, mais se heurte au néo-paganisme romain et à la critique des cicéroniens contre son latin vivant. Au retour, il écrit d'un jet l'Éloge de la Folie chez More. Viennent ensuite le Nouveau Testament grec et latin de 1516 chez Froben à Bâle, le Collège trilingue de Louvain, puis la « grande cassure » luthérienne. Royauté intellectuelle par la correspondance, maladies, mort à Bâle en 1536 en murmurant en néerlandais : Godin conclut sur la devise Concedo nulli, qu'il faut prêter à la Mort.

Jean-Claude Margolin rappelle que l'humanisme est l'étude des lettres qui rendent plus humain. Érasme n'enseigne presque pas, refuse d'apprendre l'anglais et de boire de la bière avec ses étudiants, mais il devient le conseiller pédagogique de plusieurs générations. Sa pédagogie est individualisée, fondée sur la confiance et sans humiliation, le Christ étant le pédagogue par excellence, et sa Civilité puérile fonde les traités de savoir-vivre. Jean-Pierre Massaut souligne le souci de former un clergé instruit pour la prédication et des vocations libres. Margolin note l'instruction des femmes défendue dans le colloque de l'abbé et de la femme savante, le divorce envisagé pour les mariages forcés, mais aussi des limites traditionalistes. Godin décrit son rapport à l'argent : des pensions mal payées et un banquier, Érasme Schets, qui gère des revenus huit à dix fois supérieurs à ceux d'un professeur. Margolin présente un pacifisme constant, de la Complainte de la paix à l'Institution du prince chrétien, où la guerre entre chrétiens est le scandale des scandales. Seule une guerre défensive, courte et sans haine contre les Turcs reste admise.

Massaut fait d'Érasme un véritable théologien, qui comprend sa foi non par la logique scolastique mais par la philologie, la rhétorique et le retour aux sources, au service d'une « philosophie du Christ » nourrie des Pères grecs. Sur la querelle du libre arbitre avec Luther, il souligne d'abord les points communs : recentrage sur l'Évangile, intériorité, critique des observances. Il en voit les racines dans une réforme voulue sans rupture et dans deux visions de Dieu, plus proche et inscrit dans l'histoire chez Érasme, transcendant chez Luther. Margolin conclut sur la dignité de l'homme, une tolérance qui combat les idées sans attenter aux personnes, et le grand Européen qui donne son nom au programme Erasmus. Godin voit en lui le type du « spectateur engagé ». Massaut juge qu'il a échoué au XVIe siècle, siècle d'anathèmes, et que sa fécondité anonyme se lit plutôt dans Vatican II que dans le concile de Trente : une troisième voie, ni Réforme ni Contre-Réforme.

Excerpts

Jean-Claude Margolin sur le sens d'« humanisme » :

“ce sont les lettres qui vous rendent plus humains je crois qu'il faut prendre le mot latin au sens 6 et rogne 1,2 ou manitas l'humanité étant la caractéristique de l'homme par rapport voir par opposition à tout ce qui est inhumain et qu'il faut le prendre à la fois dans un sens intellectuel dans un sens moral”

Jean-Pierre Massaut sur Érasme et Luther :

“je dirais queyras mais plus sensibles comme chrétien à ce qu'on pourrait appeler l'humanité de dieu à un dieu qui selon la révélation chrétienne est entré dans l'histoire [...] lutter seraient plus sensibles à la transcendance de dieu”

Jean-Pierre Massaut sur l'échec et la postérité d'Érasme :

“erasme a peut-être gagné davantage à long terme est de nos jours plus tôt le considère à ce miel ne fut pas le concile de trente mais le concile vatican 2 encore qu'on n'y est pas citer erasme c'est une fécondité anonyme sans doute [...] ils voulaient une réforme catholique qui ne soit pas la contre réforme”