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Core ideas
Le destin d'un homme d'armes sans guerre. Alfred de Vigny naît à Loches en 1797, dans la ville où son grand-père maternel, l'amiral de Baraudin, est emprisonné pendant la Terreur. Enfant, il est persécuté à la pension pour ses notes et sa beauté ; adolescent, il rêve de gloire militaire sous l'Empire. Lieutenant dans les gendarmes du roi à dix-sept ans, il ne connaîtra que l'inaction (garnisons, Cent-Jours à Amiens). Écrivain, il publie ses premiers poèmes en 1822, fréquente Hugo et les salons, triomphe avec Cinq-Mars (1826), quitte l'armée, traduit Shakespeare pour le théâtre (Chatterton, La Maréchale d'Ancre), échoue quatre fois à l'Académie avant d'y être élu à la cinquième. Le narrateur y voit moins une œuvre en ruines qu'un donjon : les poèmes (« La Mort du loup », stoïcisme fier) restent, et le livre qui s'est le moins vendu de son vivant, Servitude et grandeur militaires, demeure.
Servitude et grandeur militaires. Le livre dit la dureté de la condition militaire non pas dans le métier des armes mais dans l'obéissance à des ordres monstrueux : un chef de bataillon, un adjudant qui fait sauter la poudrière, le capitaine Renaud qui tue un enfant par erreur. Le narrateur le lit à la lumière de l'histoire française (la Commune, les inventaires, l'affaire Dreyfus, la désobéissance de 1940, les doutes d'officiers le 6 février 1934) : la désobéissance n'a de valeur qu'en période de désastre national, quand l'étranger commande chez soi. Le comte Molé, dans son discours de réception, y avait vu une diffamation de l'armée ; Vigny met aussi en garde contre le « séide », la tentation de se donner à celui qui pense à notre place.
La blessure fondatrice. Le fils de l'amiral, Louis de Baraudin, officier de l'escadre des Indes, émigre, prend part au débarquement de Quiberon (1795) et est fusillé malgré la parole de Hoche ; sa dernière lettre à son père est lue ; l'amiral meurt de douleur. Vigny n'en a connaissance qu'en 1823, à vingt-six ans, et le narrateur y trouve la source de son sens de l'honneur comme religion.
Excerpts
“« l'armée est une nation dans la nation a écrit vini »”
“« cette loi reconnu de la désobéissance ne saurait avoir de valeur qu'en période de désastre national »”
“« c'est parce qu'il a connu cela qu alfred de vigny a su montrer à l'armée où était son devoir l'obéissance et sa religion l'honneur »”